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Espagne: l'ex-ministre Ábalos condamné à 24 ans pour corruption

Espagne: l'ex-ministre Ábalos condamné à 24 ans pour corruption

Le Tribunal suprême espagnol a condamné l'ancien ministre des Transports José Luis Ábalos à 24 ans de prison dans une affaire de corruption liée à l'attribution de marchés de masques durant la pandémie de Covid-19. Un verdict inédit qui fragilise le chef du gouvernement Pedro Sánchez.

Le Tribunal suprême espagnol a condamné l'ancien ministre des Transports José Luis Ábalos à 24 ans de prison dans une affaire de corruption. Cette décision est qualifiée d'inédite dans l'histoire récente de l'Espagne, un ex-ministre se voyant infliger une peine extrêmement lourde par la plus haute juridiction du pays.

José Luis Ábalos, qui était chargé des transports entre 2018 et 2021, a été reconnu coupable notamment de corruption, de détournement de fonds publics et de trafic d'influence. La condamnation referme un chapitre judiciaire majeur et envoie un signal fort sur la responsabilité de ceux qui ont exercé des fonctions ministérielles.

Au coeur du dossier figure ce qui a été surnommé l'affaire des masques. L'ex-ministre aurait favorisé une petite société de confection de masques médicaux dans l'attribution de marchés publics durant la pandémie de Covid-19, un moment où l'État cherchait en urgence à se procurer du matériel de protection.

En échange de ces faveurs, l'enquête décrit des pots-de-vin de différentes natures. Il est notamment question de versements mensuels sur son compte, du paiement de vacances en famille et d'autres avantages personnels, autant d'éléments qui ont nourri l'image d'un système de corruption installé dans la durée.

Pour la justice, l'enjeu dépasse le seul cas Ábalos. Comme l'a souligné une voix entendue dans ce contexte, lorsque ceux qui occupent des postes de pouvoir agissent en fonction d'intérêts privés sans rapport avec le service public, la société subit une perte de légitimité institutionnelle qui menace la stabilité même du système.

Le verdict constitue surtout un revers politique pour le chef du gouvernement Pedro Sánchez. Lors des auditions, un co-accusé lié à la société bénéficiaire a affirmé que le véritable meneur de l'organisation n'était autre que le Premier ministre, une accusation qui éclabousse directement le sommet de l'exécutif espagnol.

Élu en 2018 en défendant une ligne anticorruption, Pedro Sánchez se retrouve aujourd'hui cerné par les scandales touchant son entourage, plusieurs enquêtes visant des proches et des figures du parti socialiste. Le chef du gouvernement assure pour sa part n'avoir eu aucune connaissance de ces affaires et a, lors d'une audition au Sénat, rejeté la responsabilité sur l'opposition.

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