Plus de mille loups, un quota d'abattage record, une population d'ours fragile dans les Pyrénées : en 2026, la France ajuste ses règles de gestion des grands prédateurs.
La cohabitation entre les grands prédateurs et les activités humaines reste un sujet sensible en France. En 2026, loups et ours font l'objet d'un suivi renforcé et de nouvelles règles de gestion, entre protection des espèces et soutien aux éleveurs confrontés aux attaques sur leurs troupeaux.
Plus de mille loups sur le territoire
Selon le suivi hivernal de l'Office français de la biodiversité pour la période 2024-2025, la France comptait 1 082 loups, dans une fourchette estimée entre 989 et 1 187 individus. Une population qui confirme l'installation durable de l'espèce dans le pays.
Le loup occupe désormais un vaste territoire. En 2024, sa présence régulière était recensée sur 59 800 kilomètres carrés, auxquels s'ajoutaient 68 800 kilomètres carrés de présence temporaire, signe d'une expansion continue vers de nouvelles régions du pays.
Un quota d'abattage record pour 2026
Face à la pression sur les troupeaux, l'État a fixé pour 2026 un quota de 227 loups pouvant être abattus, soit 21 pour cent de la population. Il s'agit du taux le plus élevé jamais autorisé depuis le retour officiel de l'espèce en France.
Une clause d'urgence permet en outre au préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes de relever ce plafond jusqu'à 248 loups, soit 23 pour cent, si la pression sur l'élevage le justifie. Ce dispositif a été fixé par un décret du 24 février 2026.
Le retour du loup, une longue histoire

Le loup avait officiellement fait son retour en France le 5 novembre 1992, dans le parc national du Mercantour, après avoir disparu du territoire durant une grande partie du vingtième siècle. Depuis, sa population n'a cessé de croître année après année.
Malgré ce quota, le loup demeure une espèce protégée. Un décret entré en vigueur au 1er janvier 2026 encadre sa protection tout en simplifiant les procédures de régulation, cherchant un équilibre délicat entre conservation de l'espèce et gestion des conflits.
Les attaques sur les troupeaux
Les dégâts causés aux élevages restent au cœur du débat. Dans le département du Var, 318 attaques ont été recensées en 2025, en baisse de 8 pour cent par rapport à 2024, tandis que 1 149 animaux ont été indemnisés, soit une hausse de 10 pour cent sur la même période.
Sur le plan national, 190 loups ont été tués au cours de l'année 2025, dont 11 dans le seul département du Var. Ces chiffres illustrent la difficulté à concilier la présence du prédateur et la protection des activités pastorales dans les zones concernées.
L'ours brun, une population fragile dans les Pyrénées
Le loup n'est pas le seul grand prédateur suivi de près. En mars 2026, l'Office français de la biodiversité a publié ses rapports pour 2025, faisant état d'une moyenne de 130 ours bruns dans les Pyrénées, une population encore fragile mais surveillée avec attention.
L'année 2025 a vu naître au moins huit oursons, issus d'au moins six portées recensées dans le massif. Une reproduction encourageante, mais qui ne suffit pas à elle seule à garantir l'avenir d'une espèce longtemps menacée de disparition en France.
Pour encadrer les situations les plus délicates, un décret entré en vigueur début janvier 2026 fixe les conditions et les limites des mesures d'effarouchement des ours présentant un comportement anormal ou dangereux, afin de mieux protéger habitants et troupeaux.
Un équilibre difficile à trouver
Entre protection des espèces, expansion des populations et défense des éleveurs, la gestion des grands prédateurs illustre toute la complexité de la politique de biodiversité. En 2026, la France continue de chercher un équilibre entre nature sauvage et activités humaines.
Article très utile sur biodiversité.
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