Perché dans les Andes chiliennes, l'observatoire Vera Rubin a lancé fin juin 2026 le plus grand relevé du ciel de l'histoire. Avec la plus grande caméra numérique du monde, il photographiera des milliards de galaxies et des millions d'astéroïdes en dix ans. Un projet où la science française pèse pou
Perché au sommet d'une montagne des Andes chiliennes, un nouvel instrument s'apprête à changer notre regard sur l'univers. Baptisé observatoire Vera Rubin, en hommage à l'astronome qui étudia la matière noire, il vient de lancer la plus ambitieuse cartographie du ciel jamais entreprise.
Après des années de construction, le grand relevé pour lequel il a été conçu a officiellement débuté à l'été 2026. Une campagne d'observation qui durera dix ans et à laquelle la France participe très activement, au point d'en être l'un des principaux contributeurs scientifiques.
Un géant perché dans les Andes
L'observatoire tire son nom de Vera Rubin, l'astronome américaine dont les travaux ont apporté des preuves décisives de l'existence de la matière noire, cette substance invisible qui semble constituer une large part de l'univers. Un hommage tout sauf anodin, tant l'instrument est puissant.
Ses premières images officielles avaient été dévoilées le 23 juin 2025, suscitant immédiatement l'enthousiasme de la communauté scientifique. Mais c'est le lundi 29 juin 2026 que la grande aventure a vraiment commencé, avec le lancement officiel du relevé baptisé Legacy Survey of Space and Time.
La plus grande caméra du monde

Au coeur de l'observatoire se trouve un véritable bijou de technologie, à savoir la plus grande caméra numérique jamais construite. Avec ses 3,2 gigapixels, elle est capable de photographier de vastes portions du ciel avec un niveau de détail absolument inédit pour un instrument de ce type.
Sa mission consiste à observer l'intégralité du ciel austral, encore et encore, pendant une décennie entière. En revenant régulièrement sur les mêmes régions, l'observatoire pourra détecter le moindre changement, qu'il s'agisse d'un astre qui explose ou d'un objet qui se déplace.
Vingt milliards de galaxies
Les chiffres attendus au terme de ces dix années donnent le vertige. Les scientifiques estiment que l'instrument aura photographié environ vingt milliards de galaxies et dix-sept milliards d'étoiles, dressant ainsi le catalogue le plus complet jamais réalisé de notre univers proche et lointain.
À cela s'ajouteront quelque dix millions de supernovas, ces explosions d'étoiles en fin de vie, ainsi que six millions d'objets appartenant à notre propre Système solaire. Une moisson de données colossale qui occupera les chercheurs du monde entier pendant de très nombreuses années.
Deux mille astéroïdes en dix heures
Pour mesurer la puissance de l'engin, un exemple suffit. Considéré comme l'un des meilleurs outils au monde pour traquer les astéroïdes, l'observatoire en a découvert deux mille cent quatre nouveaux, tapis dans notre Système solaire, en seulement dix heures d'observation.
Cette capacité à repérer rapidement de petits corps célestes revêt une importance qui dépasse la simple curiosité scientifique. Recenser les astéroïdes proches de la Terre est en effet essentiel pour la défense planétaire, c'est-à-dire notre aptitude à anticiper d'éventuels impacts.
Un quart de science française
Si le projet est international, la France y joue un rôle de tout premier plan. On estime en effet qu'environ un quart de l'apport scientifique du programme provient de chercheurs français, une contribution loin d'être marginale au sein d'une collaboration d'une telle ampleur.
Parmi les acteurs de l'Hexagone figure notamment le Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie, à Grenoble, engagé dans l'aventure depuis 2009. Ses équipes ont contribué à des pièces essentielles, comme le changeur de filtres de la caméra ou certains bancs d'étalonnage.
Le plus grand film du cosmos
En observant sans relâche le même ciel pendant dix ans, l'observatoire Vera Rubin ne se contentera pas de prendre des photographies. Il réalisera en réalité une sorte de film, capturant l'univers non plus comme une image figée, mais comme un spectacle en perpétuel mouvement.
C'est peut-être là sa plus grande révolution. Là où les télescopes montraient jusqu'ici un cosmos immobile, cet instrument nous invite à le voir vivre, évoluer et se transformer, ouvrant une ère nouvelle pour l'astronomie mondiale et, avec elle, pour la science française.
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