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Stablecoins en euros : le prochain chantier de la crypto en France

Hugo Lefèvre Hugo Lefèvre hugolefevre.avalw.com · 4.4k reads Respect0 Save Share Read only
READS28live count PUBLISHED20 Sept2026 READING TIME4 min713 words LANGUAGEFrench
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Le baromètre 2026 montre une adoption stable de la crypto en France, autour de 11% de la population. Dans ce marché plus mûr, les stablecoins en euros restent le grand rendez-vous manqué face au dollar.

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Onze pour cent. C'est la part des Français qui détiennent aujourd'hui des crypto-actifs, un chiffre devenu remarquablement stable. Après des années de croissance rapide, le marché français semble avoir trouvé son rythme de croisière. Mais derrière cette maturité se cache une question qui agite le secteur : quand l'euro trouvera-t-il enfin sa place dans l'univers des stablecoins ?

Un marché arrivé à maturité

Le dernier baromètre annuel de l'ADAN, réalisé avec l'IPSOS et publié en avril 2026, dresse le portrait d'un marché qui se normalise. Pour sa cinquième édition, l'étude a interrogé deux mille adultes français au mois de janvier. Elle confirme que la détention de crypto-actifs s'est stabilisée autour de onze pour cent de la population, loin des poussées spéculatives d'autrefois.

Ce qui frappe, c'est la notoriété du sujet : près de quatre-vingt-treize pour cent des personnes interrogées disent connaître les crypto-actifs. Et ceux qui investissent ne le font plus à la marge. En moyenne, les détenteurs consacrent environ quatorze pour cent de leur patrimoine à ces actifs, signe qu'ils les considèrent désormais comme une brique à part entière de leur épargne.

La France dans le peloton européen

Comparée à ses voisins, la France se situe dans une position intermédiaire. Le baromètre relève une détention plus forte ailleurs, avec dix-sept pour cent d'Allemands et vingt pour cent de Néerlandais concernés. L'écart n'est pas énorme, mais il montre que la marge de progression existe encore, à condition de lever certains freins bien identifiés.

Le chaînon manquant : le stablecoin en euros

Les stablecoins, ces jetons adossés à une monnaie, restent très majoritairement libellés en dollars (illustration).
Les stablecoins, ces jetons adossés à une monnaie, restent très majoritairement libellés en dollars (illustration).

Parmi les attentes exprimées, une revient avec insistance : l'intérêt pour des stablecoins adossés à l'euro, ces jetons dont la valeur suit celle de la monnaie. Les personnes interrogées aimeraient pouvoir les utiliser pour payer ou accéder à la finance décentralisée en passant par des canaux familiers, comme leur banque ou leur carte bancaire.

Le problème, c'est que l'offre en euros reste embryonnaire. Selon les données de marché, la capitalisation cumulée des stablecoins en euros atteignait environ six cents millions d'euros au printemps 2026. Un montant modeste au regard des stablecoins en dollars, qui pèsent plusieurs centaines de milliards et dominent très largement les échanges à l'échelle mondiale.

Pourquoi l'euro reste à la traîne

Ce retard n'a rien d'anodin. Tant que les échanges se règlent majoritairement en jetons adossés au dollar, une partie de la valeur et des usages échappe à la zone euro. Pour les acteurs européens, développer des stablecoins en euros n'est donc pas qu'une affaire technique : c'est aussi une question de souveraineté monétaire et d'autonomie financière.

Le baromètre note d'ailleurs que la crypto a atteint une forme de maturité structurelle, passant d'un statut d'exception à une intégration progressive dans la finance traditionnelle. Les investisseurs se comportent de manière pragmatique, en utilisant ces actifs en complément de leurs placements classiques plutôt qu'en rupture avec eux.

Un cadre désormais posé : MiCA

Ce basculement se joue dans un environnement réglementaire enfin clarifié. Le règlement européen MiCA, entré en application fin décembre 2024, impose aux prestataires de services sur crypto-actifs d'obtenir un agrément. En France, c'est l'Autorité des marchés financiers qui joue le rôle d'autorité compétente pour délivrer ces autorisations et surveiller le secteur.

La période de transition, qui permettait aux anciens prestataires enregistrés de continuer sans agrément MiCA, a pris fin le premier juillet 2026. Désormais, seuls les acteurs dûment agréés peuvent proposer leurs services dans l'Hexagone. Exercer sans autorisation expose à des sanctions lourdes, pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et trente mille euros d'amende.

Ce que cela change pour les banques

Cette clarté juridique pourrait débloquer la situation. Un cadre stable rassure les institutions financières traditionnelles, longtemps prudentes face à un secteur perçu comme flou. Plusieurs grands établissements européens observent désormais de près le terrain des stablecoins en euros, y voyant un instrument de règlement régulé plutôt qu'un simple pari spéculatif.

Et pour l'utilisateur au quotidien ?

Pour le particulier, l'enjeu est très concret. Un stablecoin en euros solide et bien encadré permettrait de payer, d'épargner ou d'accéder à des services financiers en ligne sans passer par la conversion en dollars, et sans subir les variations brutales des cryptomonnaies classiques. La promesse est celle d'un pont plus simple entre la finance traditionnelle et la crypto.

Le tableau qui se dessine pour 2026 est donc celui d'un marché mûr mais inachevé. L'adoption est là, le cadre légal aussi, mais la brique euro manque encore à l'édifice. Les prochains mois diront si les acteurs français et européens sauront combler ce vide, ou si le dollar continuera de régner sans partage sur l'univers des stablecoins.

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Hugo Lefèvre 2026-09-20 · 4 min read · 28 reads
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