Le Pr Francis Berenbaum détaille les options thérapeutiques pour préserver la mobilité des patients souffrant d'arthrose du genou, un dossier central du Mag de la Santé diffusé ce jeudi.
Le genou qui craque en montant les escaliers, la raideur matinale qui dure plus de quelques minutes, la difficulté à marcher plus de quelques centaines de mètres. Ce sont les signaux d'alerte que le Pr Francis Berenbaum, rhumatologue, s'apprête à décrypter ce jeudi 8 octobre sur France 2. Dans le cadre de l'émission « Le Mag de la Santé », animée par Flavie Flament, le spécialiste va faire le point sur une pathologie qui touche des millions de Français et qui, bien souvent, n'est pas diagnostiquée assez tôt.
L'enjeu est de taille. L'arthrose du genou n'est pas seulement une usure mécanique. C'est une inflammation chronique qui modifie la structure de l'articulation et qui, si elle n'est pas prise en charge, peut mener à la perte totale d'autonomie. L'invité du jour ne se contentera pas de lister des traitements. Il va surtout aider les téléspectateurs à faire le tri parmi les solutions existantes, souvent contradictoires, pour préserver au mieux sa mobilité le plus longtemps possible.
Reconnaître les premiers signes avant la douleur
Beaucoup de patients consultent quand la douleur est installée depuis des mois. Or, le rhumatologue insiste sur l'importance de repérer les symptômes précoces. La raideur qui survient après une période d'immobilité, comme au réveil ou après avoir été assis longtemps, est un marqueur classique. Elle ne dure que quelques minutes, ce qui la distingue de l'arthrite inflammatoire où la raideur persiste plus de trente minutes.
La douleur elle-même change de profil. Elle est mécanique au début, liée à l'effort, et s'installe progressivement au repos. Le gonflement, même discret, est aussi un signe à surveiller. Le Pr Berenbaum rappelle que l'imagerie, notamment la radio, reste l'examen de référence pour confirmer le diagnostic, mais que la clinique reste primordiale pour évaluer la sévérité réelle des lésions.

Le sport, allié ou ennemi ?
C'est la question que tout le monde se pose. Peut-on continuer à faire du sport quand on a de l'arthrose ? La réponse est oui, mais avec des nuances. Le rhumatologue déconseille les activités à impact répété, comme la course sur terrain dur ou le tennis, qui sollicitent excessivement l'articulation. En revanche, le vélo, la natation ou la marche restent des options excellentes pour maintenir la musculature et la souplesse des tissus périarticulaires.
L'activité physique régulière agit aussi comme un anti-inflammatoire naturel. En maintenant un poids de forme, on réduit la charge mécanique sur le genou. Le Pr Berenbaum souligne que la sédentarité, par contre, est le pire ennemi de l'articulation. Un genou immobilisé perd de sa mobilité et la douleur s'aggrave, créant un cercle vicieux qu'il faut briser par le mouvement adapté.

Au-delà des antalgiques
Les médicaments soulagent, mais ne guérissent pas. Les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens restent la première ligne de défense contre la douleur. Cependant, leur usage prolongé peut avoir des effets indésirables, notamment sur l'estomac et les reins. Le spécialiste invite donc à réfléchir à des alternatives ou à des compléments de traitement.
Les infiltrations de corticoïdes ou d'acide hyaluronique peuvent apporter un soulagement temporaire, notamment en période de poussée inflammatoire. Ces injections, réalisées par un rhumatologue, visent à calmer l'inflammation locale. Elles ne sont pas une solution définitive, mais elles peuvent aider à retrouver une mobilité suffisante pour pratiquer de la rééducation ou du sport, ce qui est essentiel pour la préservation de l'articulation à long terme.

Quand envisager la chirurgie ?
La prothèse de genou n'est pas une fatalité, mais elle reste une option valable quand les autres solutions ont été épuisées. Le Pr Berenbaum est clair : on n'opère pas une radio, on opère un patient. Si la douleur empêche de dormir, si la mobilité est très limitée et si la qualité de vie est fortement dégradée malgré le traitement médical, la chirurgie devient une solution sérieuse.
Aujourd'hui, les techniques sont moins invasives que par le passé. Les délais de récupération sont plus courts et les résultats fonctionnels sont très bons. Le spécialiste rappelle que le choix du moment opératoire est crucial. Trop tôt, on expose le patient à un risque inutile. Trop tard, la déformation de l'articulation rend l'intervention plus complexe et la récupération plus difficile.
Un diagnostic personnalisé, la clé
L'arthrose du genou n'est pas une pathologie unique. Chaque patient présente un profil différent, avec des degrés de lésion variables et des facteurs de risque spécifiques. C'est pourquoi le rhumatologue insiste sur l'importance d'une évaluation globale. Poids, activité physique, état musculaire, présence d'autres pathologies articulaires, tout doit être pris en compte pour construire un plan de traitement sur mesure.
Le Pr Francis Berenbaum conclut en rappelant que la prévention reste la meilleure des stratégies. Maintenir un poids de forme, pratiquer une activité physique régulière, éviter les traumatismes répétés, ce sont les piliers d'une vie sans arthrose. Mais si les dégâts sont déjà faits, il n'est jamais trop tard pour agir. Avec les bons traitements et le bon suivi, la majorité des patients peuvent conserver une bonne mobilité et une qualité de vie satisfaisante.
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