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La plateforme de streaming Deezer affirme avoir identifié 13 millions de titres musicaux créés par intelligence artificielle grâce à un outil de détection lancé l'an dernier. L'objectif est d'empêcher la monétisation de ces écoutes jugées frauduleuses. Le pionnier de la musique électronique Jean-Michel Jarre estime que l'acte du prompt ne devrait pas être rémunéré comme une création humaine et réclame que les artistes soient considérés comme de vrais partenaires.
L'industrie musicale fait face à un défi sans précédent avec l'explosion des contenus générés par intelligence artificielle sur les plateformes de streaming. Deezer, la plateforme française, a révélé avoir identifié pas moins de 13 millions de titres créés par IA grâce à un outil de détection lancé l'année dernière, un chiffre qui illustre l'ampleur du phénomène.
L'objectif de Deezer est désormais clair : empêcher la monétisation des revenus issus de ces écoutes jugées frauduleuses. Pour la plateforme, l'acte du prompt, cette simple ligne de texte qui permet de générer des milliers, voire des millions de morceaux, ne devrait pas être rémunéré de la même façon qu'une création humaine qui a pris le temps de créer quelque chose de réellement original.
Jean-Michel Jarre, pionnier de la musique électronique et figure emblématique de la scène musicale française, s'est exprimé avec force sur le sujet. Pour lui, l'enjeu dépasse largement l'innovation technologique et touche au respect fondamental des humains qui se trouvent derrière la création artistique. Ce qui différencie le chaos de la démocratie, ce sont évidemment les règles, a-t-il déclaré.
En France, la SACEM, qui protège les droits de 240 000 artistes, a pris des mesures concrètes. En 2023, l'organisme a incité ses membres à exercer un droit de retrait pour que leurs oeuvres ne servent pas à entraîner les moteurs d'intelligence artificielle. La SACEM réclame également une rémunération pour les artistes qui accepteraient que leur propriété intellectuelle soit exploitée par ces systèmes.
Le message de Jarre aux géants de la technologie est sans ambiguïté : les gens du monde de la création ont droit à une part et doivent être considérés une fois pour toutes comme de vrais partenaires autour d'une table de négociation. Alors que l'IA va indéniablement continuer à prospérer dans le domaine musical, la question de savoir qui en tire les bénéfices économiques devient un enjeu central pour l'avenir de la création artistique.