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Renseignement: la France rompt son contrat avec Palantir

Renseignement: la France rompt son contrat avec Palantir

Le gouvernement français met fin au contrat liant la DGSI à l'entreprise américaine Palantir, au profit de la société française Chaps Vision. Une décision de souveraineté, alors que la dépendance européenne aux technologies américaines inquiète et que Paris investit dans l'intelligence artificielle.

Le gouvernement français a décidé de rompre le contrat qui liait la Direction générale de la sécurité intérieure, la DGSI, à l'entreprise américaine Palantir, spécialisée dans l'analyse de données. Cette décision, présentée comme un geste de souveraineté, intervient alors que la dépendance européenne vis-à-vis des technologies américaines suscite une inquiétude croissante. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé l'arrêt de ce partenariat.

La décision s'inscrit dans un climat de tension autour de l'intelligence artificielle et du contrôle des données. La semaine dernière, l'administration de Donald Trump a ordonné à la start-up américaine Anthropic de suspendre ses activités avec des ressortissants étrangers, officiellement pour des raisons de sécurité nationale. Cet épisode a ravivé la crainte, du côté européen, de voir le robinet technologique coupé du jour au lendemain.

Concrètement, la DGSI, présentée comme l'équivalent français du FBI pour le renseignement intérieur, utilisait un logiciel de Palantir capable d'agréger d'immenses volumes de données: géolocalisation, écoutes téléphoniques et autres signaux. L'outil permet de faire ressortir ce que les services appellent des signaux faibles, c'est-à-dire des éléments qu'un analyste humain ne pourrait pas repérer seul sans mobiliser des dizaines de milliers d'agents.

Ce contrat avait pourtant été renouvelé en décembre dernier pour plusieurs années. En décidant d'y mettre fin en cours de route, le gouvernement français se tourne vers une société française, Chaps Vision, elle aussi spécialisée dans l'analyse de données. L'objectif affiché est de réduire la dépendance des services de renseignement à l'égard d'un fournisseur étranger.

La bascule ne se fera toutefois pas du jour au lendemain. Selon les explications avancées, le passage vers une solution française prendra plusieurs mois, le temps de développer les outils nécessaires. La question d'une indépendance totale, française ou européenne, reste posée et nécessitera du temps avant d'être pleinement atteinte.

Cette annonce s'inscrit dans une volonté plus large de réveil technologique européen. La France a parallèlement annoncé un investissement de plus de 600 millions d'euros dans l'intelligence artificielle, un secteur jugé central pour les années et les décennies à venir. Le sujet de la régulation et de la souveraineté en matière d'intelligence artificielle a également figuré au cœur des discussions du sommet du G7.

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