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En Arménie, une jeunesse désabusée que la société civile tente de remobiliser avant les législatives

En Arménie, une jeunesse désabusée que la société civile tente de remobiliser avant les législatives

A la veille d'élections législatives décisives, l'Arménie compte une jeunesse en partie désabusée par la politique, alors que près d'un tiers de l'électorat a moins de 35 ans, a rapporté France 24. Selon les sondages, la moitié de ces jeunes se disent désintéressés, un net recul depuis la révolution de velours de 2018, dans un pays marqué par la désillusion née de la guerre de 2020 au Nagorno-Karabakh. Des associations comme la Restart Foundation tentent de raviver leur intérêt, notamment via les réseaux sociaux. Malgré tout, 58 pour cent des jeunes se disent favorables à un rapprochement avec l'Union européenne.

A la veille d'élections législatives présentées comme décisives, l'Arménie se découvre une jeunesse en partie désabusée par la politique, a rapporté France 24. Le scrutin doit confirmer ou non le virage pro-occidental et pro-européen d'Erevan au détriment de Moscou, mais une large part des plus jeunes électeurs semble s'être détournée des urnes et du débat public.

Le poids de cette génération est pourtant loin d'être négligeable. Près d'un tiers de l'électorat arménien a moins de 35 ans, ce qui en fait une force capable de peser sur le résultat. Et pourtant, selon les sondages les plus récents, la moitié de ces jeunes se disent aujourd'hui désintéressés par la politique, loin de l'élan qui les avait portés quelques années plus tôt.

Ce retrait marque un changement radical par rapport à un passé récent. La révolution de velours de 2018 avait mobilisé la jeunesse pour chasser du pouvoir les anciens régimes jugés corrompus, dans un mouvement porté par l'espoir. Mais après la guerre de 2020 au Nagorno-Karabakh, une profonde désillusion politique s'est abattue sur le pays et sur cette même jeunesse.

Face à ce désenchantement, une partie de la société civile cherche des réponses. La Restart Foundation fait partie de ces associations qui tentent de raviver l'intérêt des jeunes pour la vie publique. Selon ses représentants, beaucoup d'entre eux ont été déçus par le résultat de la révolution et éprouvent désormais une méfiance envers les politiques gouvernementales, persuadés qu'ils se valent tous.

L'association estime que ce rejet tient en partie à un manque d'information. Dès qu'on présente aux jeunes l'ensemble des éléments nécessaires et qu'on leur donne les clés pour distinguer ce qui est bon de ce qui ne l'est pas, expliquent ses animateurs, l'étincelle de l'engagement réapparaît. L'enjeu est donc autant pédagogique que politique.

Pour toucher cette génération, les outils numériques sont devenus incontournables. Vidéos courtes et formats interactifs permettent aux jeunes de se sentir entendus, et le Premier ministre Nikol Pachinian a lui-même utilisé TikTok durant sa campagne. Ses détracteurs préviennent toutefois qu'il faudra bien plus que des vidéos pour remobiliser durablement la jeunesse arménienne.

Après des années de conflit, chaque choix paraît existentiel pour ces jeunes, et la campagne a été dominée par des questions géopolitiques appelant à trancher clairement entre l'Occident et la Russie. Malgré la lassitude exprimée, une tendance se dégage nettement, puisque 58 pour cent des jeunes se disent favorables à un rapprochement avec l'Union européenne.

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