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À Tacna, le Pérou attendait un afflux de migrants qui ne s'est pas produit

À Tacna, le Pérou attendait un afflux de migrants qui ne s'est pas produit

À Tacna, le Pérou attendait un afflux massif de migrants fuyant le Chili après la promesse de 300 000 expulsions, mais celui-ci ne s'est pas produit. Un reportage de France 24 décrit l'état d'urgence, la surveillance de la frontière et le mur chilien en construction sur 12 à 17 kilomètres.

Au Pérou, dans la ville frontalière de Tacna, les autorités s'attendaient à un afflux massif de migrants venus du Chili voisin, un scénario qui, pour l'instant, ne s'est pas concrétisé. Un reportage de France 24 montre une zone placée sous état d'urgence depuis deux mois, où la crainte d'une arrivée en nombre de réfugiés se heurte à une réalité bien plus calme sur le terrain.

Cette inquiétude est née après l'élection du nouveau président chilien, qui a promis quelque 300 000 expulsions. Depuis, des migrants installés au Chili depuis plusieurs mois décrivent un pays devenu, selon leurs mots, irrespirable. L'un d'eux explique avoir trouvé au Pérou davantage de soutien, plus d'opportunités et moins de xénophobie qu'au Chili.

Derrière ces parcours, il y a souvent une grande détresse. On ne migre pas par plaisir, confie une personne rencontrée, expliquant avoir tout fait pour s'offrir un meilleur avenir, tout en étant encore regardée de travers. Chaque situation, rappelle-t-elle, est différente, et le rejet reste difficile à vivre au quotidien pour celles et ceux qui ont quitté leur pays.

Face au risque d'afflux, le Pérou a renforcé sa frontière sud. À Tacna, l'état d'urgence est en vigueur depuis deux mois et la police surveille la zone à grand renfort d'hélicoptères. Un général péruvien a ainsi repéré, depuis les airs, des traces de pneus au sol, là où opèrent les passeurs qui font traverser les migrants en dehors des points de contrôle officiels.

Ce sont précisément ces passages que le mur chilien veut empêcher. Depuis le ciel, le militaire péruvien observe le chantier en cours, où des lignes de tranchées doivent s'étaler sur environ douze à dix-sept kilomètres. L'ouvrage est présenté comme un moyen de bloquer les traversées informelles le long de cette frontière désertique entre les deux pays.

Pourtant, sur le terrain, les craintes d'un afflux massif ne se sont pas vérifiées. Ces derniers jours, aucune arrivée en nombre de réfugiés n'a été enregistrée, un constat partagé par les ONG. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés mène une mission permanente à Tacna, où, dans le terminal de bus de la ville, ses équipes orientent et aident les personnes qui transitent, comme une famille particulièrement vulnérable, avec des enfants, qui venait de quitter le Chili.

Les organisations présentes confirment ne pas avoir été submergées au cours des deux derniers mois, sans variation significative dans la dynamique des flux. Elles anticipent toutefois un possible changement à terme. Si la traversée devient trop difficile, les réfugiés pourraient renoncer au Chili pour rester au Pérou, ou poursuivre leur route vers la Bolivie, voire le Brésil.

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