Un premier avion transportant des migrants expulsés par les États-Unis a atterri dans la nuit à l'aéroport international de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. À son bord se trouvait une vingtaine de ressortissants étrangers éloignés du territoire américain. Avec cet atterrissage, la République centrafricaine rejoint la liste des pays tiers qui ont accepté de recevoir des personnes expulsées par les autorités américaines.
L'accord migratoire conclu au début du mois de juin entre les États-Unis et la République centrafricaine est déjà entré dans sa phase opérationnelle. L'appareil avait décollé du territoire américain et s'est posé à Bangui après une escale technique à Accra, la capitale du Ghana. Les passagers ont été débarqués dans la plus grande discrétion, à l'écart des regards, peu après l'arrivée de l'avion.
Une fois descendus de l'appareil, les migrants sont montés dans un bus, puis le convoi, escorté par des véhicules blindés des Nations unies, est parti en direction d'une destination tenue secrète. Selon les informations disponibles sur place, ces personnes seraient logées dans des résidences situées non loin de Bangui, mais à ce stade, personne n'a souhaité confirmer ni le lieu ni les conditions exactes de leur prise en charge.
D'après les avocats des personnes éloignées, le groupe arrivé à Bangui comprend au moins deux femmes iraniennes, ainsi que des migrants turcs, syriens et afghans, et un ressortissant géorgien. Les profils de ces personnes diffèrent, certaines disposant de protections juridiques contre un renvoi vers leur pays d'origine, ce qui nourrit les interrogations autour de leur expulsion vers un pays tiers.
En acceptant d'accueillir ces migrants, la République centrafricaine s'ajoute à plusieurs autres États qui ont conclu des arrangements similaires avec Washington. Le pays figure désormais aux côtés du Ghana, de la Sierra Leone, de la Guinée équatoriale ou encore de la République démocratique du Congo, qui ont eux aussi accepté de recevoir des étrangers expulsés du sol américain.
Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé un manque de transparence autour de cet accord et de sa mise en œuvre. Elles s'inquiètent des conditions d'accueil réservées à ces personnes et de l'avenir qui les attend sur le territoire centrafricain, dans un cadre dont les contours restent largement méconnus du public.
La discrétion entourant l'opération, depuis le débarquement nocturne jusqu'au départ du convoi vers un lieu non révélé, a renforcé les interrogations sur le déroulement de ces expulsions. Aucune précision n'a été apportée sur la durée pendant laquelle ces migrants resteront en République centrafricaine, ni sur les démarches qui pourraient suivre leur arrivée dans ce pays.
