Les tensions entre le gouvernement éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF, ravivent la crainte d'un nouveau conflit dans le pays. Le quotidien des habitants de la région du Tigré est de nouveau menacé, alors que les signaux d'une possible escalade se multiplient et que les efforts de médiation peinent à apaiser la défiance entre les deux camps.
Vendredi, les autorités éthiopiennes ont accusé le TPLF de préparer une offensive imminente, avec le soutien de l'Érythrée. Ces accusations ont été formulées dans une tribune publiée par le chef des renseignements et le ministre des Affaires est-africaines, qui affirment que le mouvement aurait reconstitué une force armée importante en violation directe de l'accord de paix conclu à Pretoria.
Selon ces responsables, les éléments résiduels du TPLF auraient démantelé l'administration régionale provisoire pour mettre en place leur propre administration, qualifiée d'illégale, tout en continuant à recruter, former et armer des combattants. Ils décrivent ces agissements comme une infraction flagrante aux engagements pris pour mettre fin aux hostilités dans le nord du pays.
Le mouvement, lui, dément catégoriquement ces affirmations. Selon ses représentants, les autorités cherchent un prétexte pour relancer les hostilités et tromper la communauté internationale. Ils accusent en retour le gouvernement fédéral de se préparer à faire la guerre au Tigré, dans un climat où chaque déclaration nourrit un peu plus la suspicion mutuelle.
Sur le terrain, plusieurs sources évoquent des mouvements de troupes le long de la frontière, qui alimentent les craintes d'une escalade. Le gouvernement fédéral a déployé de nouvelles forces dans la zone, ce qui rend désormais plus difficile toute désescalade et fait redouter un retour des combats dans une région déjà profondément éprouvée par la guerre.
La médiation de l'Union africaine est toujours en cours pour tenter d'éviter le pire. Conduite par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, elle s'est traduite par un déplacement à Mekele, où l'émissaire a rencontré le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael, afin d'apaiser les tensions et de relancer la mise en œuvre de l'accord de paix.
Malgré ces efforts diplomatiques, la méfiance reste profonde entre les deux parties, et l'accord de Pretoria apparaît aujourd'hui plus fragile que jamais. Le souvenir du précédent conflit, qui aurait fait environ 600 000 morts selon plusieurs estimations, pèse lourdement sur une région où la perspective d'une reprise des combats suscite une vive inquiétude.
