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Affaire Liana : Gérald Darmanin ordonne une revue de 70 000 plaintes concernant des enfants

Affaire Liana : Gérald Darmanin ordonne une revue de 70 000 plaintes concernant des enfants

Après la mort de Liana, fillette de onze ans du Gers, une marche blanche a eu lieu à Florence et le garde des Sceaux Gérald Darmanin a ordonné une revue de 70 000 plaintes impliquant des enfants d'ici la mi-juillet, en raison des dysfonctionnements apparents de la justice. Le suspect, Jérôme Barrella, est visé par cinq plaintes et trois signalements.

La mort de Liana, une fillette de onze ans du Gers, provoque une onde de choc en France et une réaction au plus haut niveau de l'État. À Florence, la commune où la petite avait disparu, une marche blanche a réuni des habitants venus lui rendre hommage, après que son corps a été retrouvé au terme de plusieurs jours de recherches. Au fil des jours, le drame a dépassé le simple fait divers pour devenir, selon certains, une véritable affaire d'État.

La principale annonce est venue du garde des Sceaux. Dans une interview, Gérald Darmanin a ordonné une revue de 70 000 plaintes impliquant des enfants, à mener d'ici la mi-juillet. Cette décision intervient en raison des dysfonctionnements apparents de la justice, mis en lumière par ce dossier. L'objectif affiché est de passer au crible les signalements existants afin de s'assurer qu'aucune alerte ne reste, une nouvelle fois, sans réponse.

Le ton des autorités s'est voulu particulièrement ferme. Un responsable a martelé qu'il ne voulait entendre aucun argument de moyens dans cette affaire, estimant qu'il s'agissait avant tout d'une question de réponse, de fermeté, d'organisation et de responsabilité. Le message vise directement la chaîne de traitement des plaintes, accusée d'avoir laissé passer des signaux d'alerte.

Car c'est bien cette question qui hante l'enquête : pourquoi les alertes concernant le suspect n'ont-elles jamais été entendues ? L'homme mis en cause, Jérôme Barrella, avait déjà fait l'objet de plusieurs signalements. Une plainte pour viol sur une autre jeune fille avait notamment été déposée contre lui en août 2025, et des comportements déplacés avaient été signalés à plusieurs reprises.

Le déroulé des faits a renforcé l'émotion nationale. Liana avait disparu le 29 mai à Florence, et ses parents avaient immédiatement prévenu les gendarmes. Dès le lendemain, les soupçons s'étaient portés sur Jérôme Barrella, dernier à avoir été en contact avec elle, qu'il avait fait monter dans sa voiture sous les yeux d'un témoin. Mis en examen pour enlèvement et séquestration, il est resté mutique face aux enquêteurs.

Le dénouement a été tragique. Le 4 juin, au septième jour des recherches, un corps a été découvert dans un silo d'un site agricole désaffecté. Il s'agissait de Liana. Depuis, la parole se libère : le père d'une amie de la fillette a annoncé avoir lui aussi porté plainte pour agression sexuelle sur sa fille, expliquant que celle-ci avait évoqué des faits similaires après avoir vu l'affaire évoquée dans les médias.

À ce jour, Jérôme Barrella est visé par cinq plaintes et trois signalements. L'accumulation de ces alertes, et le fait qu'elles n'aient pas permis d'éviter le drame, nourrit la colère et les interrogations. La revue des 70 000 plaintes annoncée par le ministre apparaît ainsi comme une tentative de répondre à un sentiment d'échec collectif, dans un dossier qui continue de bouleverser le pays.

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