Santé publique France dévoile son bilan 2025 et révèle une lacune majeure dans la protection des seniors.
Le 8 octobre 2026, Santé publique France a publié un bilan annuel qui devrait faire réagir tous les professionnels de santé. Le document est clair : la protection des plus de 65 ans contre les infections respiratoires reste largement insuffisante, malgré des efforts constants depuis plusieurs années. Le chiffre le plus marquant concerne la grippe, mais une autre donnée, plus discrète, mérite toute notre attention.
Alors que la campagne de vaccination annuelle s'ouvre le 13 octobre, l'agence souligne que 57 % des seniors sont vaccinés contre la grippe. C'est une progression de trois points par rapport à l'année précédente, mais cela reste loin de l'objectif ambitieux de 75 %. Ce n'est pourtant pas la seule faille identifiée par les experts dans ce rapport officiel.
Un taux d'immunisation qui stagne
Le Dr Etienne Pot, qui dirige Santé publique France par intérim, a exprimé sa préoccupation face à ces résultats. Il a demandé que la proposition de vaccins soit faite de manière plus systématique lors des consultations médicales. Le constat est sans appel : trop de personnes de cette tranche d'âge ne sont pas protégées de manière optimale.
La situation est particulièrement critique pour le zona, avec un taux de vaccination de seulement 5 %. Le pneumocoque, quant à lui, présente un tableau complexe qui nécessite une analyse plus fine pour comprendre pourquoi la couverture reste aussi faible.

Le pneumocoque, la grande absente
Depuis avril 2025, le vaccin contre le pneumocoque est recommandé à toutes les personnes de 65 ans et plus, avec ou sans facteur de risque. Il s'agit d'une dose unique qui peut être administrée au même rendez-vous que le vaccin antigrippique. Pourtant, le bilan ne mesure la couverture que pour les personnes à risque élevé, où le taux n'atteint que 26 %.
Cette distinction est importante car le pneumocoque provoque des pneumonies sévères qui peuvent compliquer considérablement une infection grippique. Le faire oublier dans le discours médical est une erreur de stratégie de santé publique.

Un piège administratif pour les patients
Beaucoup de seniors croient être parfaitement couverts car ils reçoivent un bon de vaccination de l'Assurance maladie dès septembre. Ce bon permet une prise en charge à 100 % du vaccin contre la grippe. Malheureusement, il ne couvre absolument pas le vaccin contre le pneumocoque, ce qui crée une confusion fréquente aux comptoirs des pharmacies et dans les cabinets médicaux.
Le vaccin Capvaxive, utilisé pour le pneumocoque, ne suit pas les mêmes règles. Il est remboursé à 65 % et nécessite une ordonnance spécifique distincte du bon grippe. Faire les deux injections le même jour ne modifie en rien ces régimes de remboursement séparés.

Ce que vous devez vérifier dès maintenant
Si vous avez plus de 65 ans, la prochaine consultation est l'occasion idéale pour faire le point. Ne vous contentez pas de demander le vaccin antigrippique, demandez explicitement si le pneumocoque est inclus dans votre plan de protection. L'information doit être active, pas passive.
Les professionnels de santé doivent adapter leur pratique pour proposer systématiquement ces deux protections. Il ne s'agit plus d'une option, mais d'une recommandation officielle depuis avril dernier. Ignorer ce vaccin, c'est laisser une porte ouverte à des complications respiratoires graves en pleine saison hivernale.
Une opportunité de santé publique manquée
La co-administration de ces vaccins est une opportunité logistique évidente pour les cabinets et les pharmacies. C'est un moment de contact privilégié avec le patient où l'on peut corriger des lacunes de protection accumulées sur des années.
Le bilan de Santé publique France sonne comme un avertissement. Il faut dépasser la simple campagne de la grippe pour penser la protection respiratoire globale des seniors. C'est un changement de regard nécessaire pour les années à venir.
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