L'Assemblée nationale a voté le 7 novembre 2025 pour rendre le Nutri-Score obligatoire sur les aliments préemballés, avec des exemptions pour certains produits certifiés et une taxe pour les entreprises récalcitrantes.
L'étiquetage des produits alimentaires est au cœur d'un débat important en France, où les autorités cherchent depuis des années à mieux informer les consommateurs. Une décision récente pourrait marquer un tournant dans la façon dont les Français choisissent ce qu'ils mettent dans leur assiette.
Au centre de cette évolution se trouve le Nutri-Score, un logo désormais bien connu du grand public. Longtemps appliqué de manière volontaire par les fabricants, il pourrait bientôt devenir une obligation pour une grande partie des aliments vendus dans le pays.
Un vote historique

Le 7 novembre 2025, l'Assemblée nationale a adopté des amendements visant à rendre le Nutri-Score obligatoire sur l'ensemble des aliments préemballés. Cette mesure a été intégrée au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l'année 2026.
Il s'agit d'une étape importante, car le dispositif reposait jusqu'ici uniquement sur la bonne volonté des industriels. En rendant l'affichage obligatoire, les députés espèrent renforcer la transparence et aider chacun à faire des choix plus éclairés au moment des courses.
Comment fonctionne le Nutri-Score
Pour rappel, le Nutri-Score est un logo qui résume la qualité nutritionnelle d'un produit à l'aide d'une échelle de couleurs. Celle-ci va de la lettre A, associée au vert, jusqu'à la lettre E, associée au rouge, en passant par plusieurs nuances intermédiaires.
Ce système a été introduit en France par Santé publique France en 2017, dans le cadre d'une démarche d'abord facultative. Son objectif est simple, permettre au consommateur de comparer rapidement des produits similaires et de repérer les options les plus favorables à sa santé.
Des exemptions prévues
La future obligation ne concernera toutefois pas tous les produits sans exception. Les aliments bénéficiant de certaines certifications de qualité devraient en être exemptés, afin de préserver les spécificités de nombreux produits du terroir français.
Parmi les catégories concernées figurent notamment les produits sous appellation d'origine protégée, sous indication géographique protégée, ceux portant le label rouge ou encore les produits issus de l'agriculture biologique. La liste précise sera fixée par décret.
Une taxe pour les récalcitrants
Pour garantir le respect de cette nouvelle règle, le texte prévoit un mécanisme dissuasif. Les entreprises qui refuseraient d'afficher le Nutri-Score s'exposeraient à une taxe correspondant à 5 pour cent de leur chiffre d'affaires concerné par la mesure.
Les recettes générées par cette taxe seraient reversées au système d'assurance maladie. L'idée est double, inciter les industriels à jouer le jeu tout en contribuant au financement de la santé publique, un domaine soumis à de fortes contraintes budgétaires.
Une adoption déjà large
Même avant cette obligation, le Nutri-Score était déjà largement répandu. Selon les données disponibles, plus de 1 500 entreprises et marques l'utilisaient au début de l'année 2026, ce qui représentait plus de 60 pour cent du marché alimentaire en volume de ventes.
Une étude menée par Santé publique France a par ailleurs apporté un éclairage intéressant. Elle a montré qu'un meilleur score nutritionnel ne rimait pas nécessairement avec un prix plus élevé, ce qui répond à une inquiétude fréquente exprimée par les consommateurs.
Les enjeux de santé publique
Derrière ce dispositif se cache un enjeu de santé majeur. En France, une part importante de la population est concernée par le surpoids, avec environ 47 pour cent d'adultes en surpoids et 17 pour cent en situation d'obésité selon les chiffres cités.
La mesure suscite néanmoins quelques réserves, notamment de la part de la ministre de la Santé, qui a évoqué de possibles conflits avec le droit européen. Le débat se poursuit donc, mais il confirme la place centrale de la nutrition dans les politiques de santé.
Article très utile sur France.
Beau regard en profondeur sur France.
Je suis France et cela aide.
Exactement.
D accord.
