climate | France 24 |
Les épisodes climatiques extrêmes s’enchaînent en France, entre sécheresse et inondations dans des périodes rapprochées. Des experts et agriculteurs débattent sur France 24 de l’effacement des saisons intermédiaires, de la souveraineté alimentaire et de la nécessité d’adapter les modes de production face à un climat de moins en moins prévisible.
L’agriculture française est confrontée à un défi sans précédent : l’enchaînement d’épisodes climatiques extrêmes, entre inondations et sécheresses, dans des périodes extrêmement rapprochées. Lors d’un débat sur France 24, experts et agriculteurs ont souligné que ce scénario correspond exactement aux projections du réchauffement climatique pour la France : un effacement progressif des saisons intermédiaires comme le printemps et l’automne.
La question du stockage de l’eau est au cœur des débats. Si les inondations sont aussi désastreuses aujourd’hui, c’est en partie parce que les sols n’absorbent plus l’eau comme ils le devraient. L’absence de haies pose d’énormes problèmes en période d’inondation car l’eau dévale sans être absorbée par la terre. Puiser dans les nappes phréatiques pourrait aggraver les problèmes de sécheresse.
Un agriculteur pratiquant l’agriculture de conservation avec des couverts végétaux et des céréales semées dans les couverts a expliqué que cette approche est vertueuse pour le stockage de l’eau dans le sol, mais qu’elle n’est pas suffisante face aux scénarios climatiques actuels. L’eau, a-t-il insisté, ne doit pas être un sujet de confrontation mais d’intelligence collective.
La souveraineté alimentaire française est également menacée par les différences de traitement réglementaire avec d’autres pays. En Europe, l’utilisation des OGM est très restreinte et le clonage en élevage est interdit, alors que toute l’Amérique latine, l’Amérique du Nord et la Chine autorisent ces pratiques, créant un déséquilibre concurrentiel.
Les intervenants s’accordent sur l’urgence d’une réflexion globale sur les types de cultures, les modes de production et l’adaptation à des conditions climatiques de moins en moins prévisibles et d’une amplitude énorme. Si l’on essaie à tout prix de maintenir la capacité à faire comme avant dans des conditions qui ont déjà changé, les agriculteurs finissent par gagner de moins en moins car leur modèle s’érode.