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Les financements bancaires aux énergies fossiles ont encore augmenté

Les financements bancaires aux énergies fossiles ont encore augmenté

Un rapport d'un consortium d'ONG, intitulé Miser sur le chaos climatique, montre que les financements bancaires aux énergies fossiles ont augmenté de 8% au niveau mondial entre 2024 et 2025, et de 27% pour les nouveaux projets d'extraction. En 2025, les banques ont accordé plus de 900 milliards de dollars au secteur, les banques américaines couvrant près d'un tiers des investissements mondiaux, devant le Canada à 11,8%. En Europe, les banques britanniques sont en tête, suivies des françaises, jugées de bons élèves à l'exception de la Société Générale. La BNP a réduit de plus de 80% son financement des nouvelles extractions. Oxfam et Reclaim Finance réclament davantage de régulation.

Un rapport publié par un consortium d'ONG dresse un constat sévère sur le rôle des banques dans le réchauffement climatique. Intitulé Miser sur le chaos climatique, il montre que, loin de se réduire, les financements bancaires accordés aux énergies fossiles ont continué d'augmenter. Le document met en lumière l'écart entre les engagements climatiques affichés par les États depuis l'accord de Paris et la réalité des flux d'argent.

Les chiffres avancés traduisent une accélération. En seulement un an, entre 2024 et 2025, les investissements bancaires dans les énergies fossiles ont augmenté de 8% au niveau mondial. La hausse est encore plus marquée pour les nouveaux projets d'extraction, en progression de 27%, ce qui fait craindre aux auteurs que ces financements n'enferment la planète dans des décennies d'émissions de CO2, sur des gisements dont l'exploitation débute à peine.

L'ampleur des sommes en jeu est considérable. En 2025, les banques ont accordé plus de 900 milliards de dollars de financement au secteur des hydrocarbures. Les banques américaines sont de loin en tête, puisqu'elles couvrent à elles seules près d'un tiers des investissements mondiaux dans ce domaine, devant notamment le Canada, à 11,8% du total.

La situation est contrastée d'un établissement à l'autre. Selon le rapport, environ un tiers des banques mondiales se désengagent des énergies fossiles, mais les deux tiers restants augmentent leur participation, occupant en quelque sorte la place laissée vacante et annulant ainsi les efforts des premières. Une légère éclaircie est toutefois relevée, puisque l'augmentation des financements entre 2024 et 2025 a été moins forte que l'année précédente.

En Europe, les banques britanniques arrivent en tête, suivies des banques françaises, présentées comme de bons élèves à une exception près. La Société Générale est en effet pointée du doigt par le rapport, qui lui reproche d'avoir augmenté de 27% ses soutiens à la production pétrolière et gazière et d'avoir doublé ses financements aux infrastructures de transport, comme les oléoducs et les gazoducs. La banque a réagi en dénonçant la méthodologie des ONG et en défendant la baisse continue de son soutien à l'exploration et à la production.

D'autres banques françaises sont au contraire saluées pour leurs choix. La BNP a réduit de plus de 80% son financement des nouvelles extractions, les établissements nationaux se concentrant désormais sur l'exploitation des ressources existantes plutôt que sur l'ouverture de nouveaux gisements. Ce repositionnement explique en partie la place jugée plus vertueuse des banques françaises dans le classement établi par les ONG.

Le rapport rappelle enfin le poids de la finance dans la crise climatique. Dès 2021, l'ONG Oxfam estimait que les quatre plus grandes banques françaises, BNP Paribas, le Crédit Agricole, la Société Générale et BPCE, avaient chacune des émissions supérieures à celles de la France entière. De son côté, l'ONG Reclaim Finance souligne que, pour chaque euro accordé aux énergies fossiles, seulement 42 centimes ont été alloués aux alternatives durables comme le solaire ou l'éolien. Oxfam réclame une régulation par l'État et l'établissement d'une liste noire des entreprises qui alimentent la catastrophe climatique.

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