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La France a dépassé son budget carbone 2025, forêts affaiblies

La France a dépassé son budget carbone 2025, forêts affaiblies

Selon les données du CITEPA, la France a émis 359 millions de tonnes équivalent CO2 en 2025, soit 17 millions de plus que le budget carbone fixé par sa stratégie nationale. Le rythme de baisse des émissions, autour de 2 à 3% par an, reste très inférieur aux 5 à 6% nécessaires pour 2030. Dans le même temps, les forêts françaises captent 39% de CO2 de moins qu'il y a quinze ans.

La France a manqué son objectif climatique pour l'année 2025. Selon les données du CITEPA, l'organisme chargé d'établir l'inventaire national des gaz à effet de serre, le pays a émis 359 millions de tonnes équivalent CO2 sur l'année, alors que le budget carbone fixé par la stratégie nationale plafonnait à 342 millions de tonnes. Le dépassement atteint donc 17 millions de tonnes, un écart loin d'être négligeable au moment où la France s'est engagée à réduire fortement ses émissions.

Pour mesurer l'ampleur de ce dérapage, les spécialistes avancent une comparaison parlante: ces 17 millions de tonnes de CO2 en trop représentent davantage que ce qu'émet l'ensemble du trafic aérien civil en France sur trois ans. Autrement dit, le surplus d'une seule année efface l'équivalent de plusieurs années d'un secteur entier, illustrant à quel point l'objectif annuel a été manqué.

Le problème ne tient pas seulement au niveau atteint, mais surtout au rythme de la baisse. Les émissions françaises continuent certes de diminuer, mais à une cadence d'environ 2 à 3% par an, bien en deçà des 5 à 6% de réduction annuelle qu'il faudrait tenir pour rester sur la trajectoire menant aux objectifs de 2030. L'écart entre la pente suivie et la pente nécessaire se creuse, rendant la cible de plus en plus difficile à atteindre.

À ce ralentissement s'ajoute une mauvaise nouvelle venue des forêts, censées absorber une partie du carbone émis. Selon le CITEPA, les forêts françaises captent aujourd'hui 39% de CO2 de moins qu'il y a quinze ans. Sur la période 2005-2013, elles absorbaient encore quelque 63 millions de tonnes de CO2 par an, un puits naturel qui s'est depuis nettement affaibli et qui pèse directement sur le bilan carbone du pays.

Cet affaiblissement s'explique en grande partie par la dégradation de l'état des forêts. La mortalité des arbres a fortement augmenté en France, sous l'effet d'un réchauffement climatique qui multiplie les sécheresses, plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Ces conditions favorisent également les maladies des arbres, liées à des champignons et à des insectes ravageurs comme les scolytes, qui prolifèrent sur des forêts déjà fragilisées par le manque d'eau.

Le constat dessine un double défi pour la France. D'un côté, le pays doit accélérer nettement la réduction de ses émissions pour ne pas s'éloigner davantage de ses engagements; de l'autre, il voit l'un de ses principaux alliés naturels, la forêt, perdre de sa capacité à stocker le carbone au moment où l'on en aurait le plus besoin. Tant que ces deux courbes n'évolueront pas favorablement, les budgets carbone fixés par la stratégie nationale resteront difficiles à respecter.

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