La ville indienne de Bangalore est confrontée à une grave crise de l'eau. Plus de 200 lacs y seraient pollués, et la pénurie est désormais telle que les autorités ne parviennent à répondre qu'à environ un quart de la demande quotidienne des habitants.
Pour s'approvisionner, des millions de résidents dépendent de camions-citernes qui sillonnent la ville toute la journée. Dans une seule résidence, quelque 12 000 litres d'eau sont nécessaires chaque jour pour alimenter 800 appartements, soit 3 000 à 4 000 personnes.
Cet approvisionnement a un coût de plus en plus lourd. Pour l'ensemble de la résidence, la facture d'eau atteint chaque mois entre 25 000 et 40 000 euros, une somme que certains habitants peinent à assumer financièrement.
Une grande partie de cette eau est puisée illégalement. Pour atteindre les nappes phréatiques, des centaines de milliers de puits ont été creusés sans aucune autorisation. Les autorités ont beau interdire le forage autour des lacs sans permis, on peut voir quatre puits creusés à quelques mètres les uns des autres.
Les conséquences sont visibles sur les lacs de la ville, désormais asséchés. À la périphérie de Bangalore, le constat est tout aussi sévère. Il y a vingt ans, le niveau de l'eau pouvait atteindre 15 pieds, soit un peu plus de quatre mètres, alors qu'aujourd'hui il dépasse à peine un mètre.
Sur les 200 lacs que compte la périphérie, 150 seraient totalement asséchés. L'expansion rapide de la ville a par ailleurs fait disparaître des centaines de lacs et de zones marécageuses, recouverts par le béton.
Lacs, cours d'eau et pâturages ont été repris par les promoteurs pour bâtir des tours résidentielles, des appartements, des villas et des hôtels, ainsi que des usines et de vastes parcs technologiques. Et il est désormais question d'ouvrir de nouveaux centres de données.
