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Aires marines protégées: seulement 0,1% des eaux françaises seraient réellement protégées

Aires marines protégées: seulement 0,1% des eaux françaises seraient réellement protégées

Alors que la France affirme avoir atteint l'objectif de protéger 30% de ses mers d'ici 2030, des études scientifiques montrent que seulement 0,1% des eaux françaises sont réellement protégées, c'est-à-dire interdites aux activités industrielles. En incluant les Outre-mer, le chiffre atteint environ 4%. La France refuse d'inscrire dans sa loi l'interdiction du chalutage dans les aires marines protégées, où continuent de pêcher de grands navires-usines.

La France se présente comme un bon élève de la protection des océans, mais la réalité est tout autre. Si le pays affirme avoir déjà atteint son objectif de protection des mers, les études scientifiques dressent un constat bien moins flatteur. En y regardant de près, l'écart entre les annonces et la protection réelle des eaux françaises apparaît considérable.

La protection des aires marines figure à l'agenda des Nations unies depuis plusieurs décennies, mais elle s'est concrétisée avec l'accord de la COP15, organisé en décembre 2022. À cette occasion, les États membres se sont engagés à protéger 30% de leurs terres et de leurs mers d'ici 2030. C'est par rapport à cet objectif que la situation française est mesurée.

Officiellement, la France assure avoir déjà atteint cette cible. Mais lorsque l'on analyse les aires protégées au cas par cas, les études scientifiques montrent que seulement 0,1% des eaux françaises sont réellement protégées. Être réellement protégé signifie ici être interdit aux activités et aux infrastructures industrielles, un niveau d'exigence très loin d'être respecté.

Même en élargissant le calcul aux Outre-mer, le résultat reste très éloigné des engagements pris. Dans ce cas, la part des eaux véritablement protégées tourne autour de 4%. Si le chiffre est plus élevé, il ne change pas fondamentalement le constat et demeure très en deçà de l'objectif affiché de 30%.

Comment un tel écart est-il possible? Il s'explique en grande partie par un choix juridique. La France refuse d'inscrire dans sa loi que les aires marines protégées sont interdites aux activités industrielles, et donc au chalutage. Sans cette interdiction inscrite dans la loi, la protection reste largement théorique sur une grande partie des zones concernées.

Les conséquences se mesurent directement en mer. Il a été montré que les 18 navires-usines européens chalutaient tous, sans exception, dans les aires marines protégées d'Europe. La France ne fait pas exception à cette pratique, ce qui illustre l'ampleur du décalage entre le statut de protection et ce qui se passe réellement dans ces zones.

Certains de ces géants des mers sont d'ailleurs bien identifiés. Des navires comme le Prince Bernard, le Scombrus ou encore la Nelly Selena, présentée comme le plus grand chalutier du monde avec ses 145 mètres, ont le droit de pêcher quotidiennement dans des aires marines protégées. Une réalité qui interroge sur la portée réelle du label de protection en France.

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