L'inquiétude autour du virus Ebola grandit à Mayotte, territoire français de l'océan Indien, où des migrants venus de la République démocratique du Congo vivent dans des camps aux conditions sanitaires précaires. Dans le camp de Tsun Tzu, décrit comme insalubre, une nouvelle peur s'installe parmi les résidents qui redoutent l'arrivée du virus.
Les témoignages de migrants congolais reflètent cette angoisse croissante. André, qui a fui la RDC pour se réfugier à Mayotte, redoute l'arrivée du virus. Parmi la population locale, les craintes sont également vives. Les habitants s'interrogent sur les contrôles aux frontières, sachant que le virus Ebola est une maladie infectieuse et contagieuse provoquant une fièvre élevée et brutale, nécessitant une prise en charge médicale rapide.
Les soignants sur le terrain dressent un constat sans appel. Selon eux, Mayotte n'est pas prête et ne le sera jamais pour affronter une telle épidémie. L'île ne parvient déjà pas à accueillir tous les patients dans ses structures de soins, même en l'absence d'épidémie. L'arrivée du virus Ebola dans ce contexte serait catastrophique.
La situation a gagné le débat politique national. À l'Assemblée, la députée Estelle Diossoufa s'est montrée particulièrement virulente à l'encontre du ministre de l'Intérieur, dénonçant l'absence de plan d'évacuation du camp de migrants, le manque de renforts de la marine nationale et l'insuffisance de la mobilisation pour la réserve sanitaire.
Le gouvernement assure prendre les mesures nécessaires. Une zone d'isolement a été installée à l'entrée du centre hospitalier de Mamoudzou et l'Agence régionale de santé indique avoir renforcé son dispositif de veille sanitaire. Mais les arrivées de migrants se poursuivent, avec en toile de fond la crainte permanente d'une importation du virus sur le territoire français.
