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Le démantèlement de l'USAID et le retrait des États-Unis de l'OMS ont considérablement réduit les capacités de détection et de réponse face à l'épidémie d'Ebola en RDC, selon des experts interrogés par France 24. L'ancien directeur du CDC Tom Frieden estime que les coupes ont pu ralentir l'identification des premiers cas et la réponse internationale.
L'épidémie d'Ebola qui ravage la République démocratique du Congo met en lumière un problème qui dépasse les frontières africaines : le démantèlement progressif de l'aide américaine au développement et son impact direct sur les capacités mondiales de réponse aux crises sanitaires. France 24 a consacré une analyse approfondie à cette dimension politique de la crise.
Pendant des décennies, les États-Unis ont été le premier financeur mondial de la lutte contre les maladies infectieuses à travers l'USAID. Cet argent permettait de financer des laboratoires, des systèmes d'alerte précoce, des équipes de surveillance sur le terrain et des milliers de personnels de santé dans des pays fragiles. Or, une grande partie de ces programmes a été supprimée ou fortement réduite ces derniers mois.
Les conséquences sont déjà perceptibles sur le terrain. Plusieurs experts, dont Tom Frieden, ancien directeur du CDC américain, estiment que les capacités de détection ont été affaiblies au moment même où de nouveaux foyers épidémiques apparaissaient. Si les coupes budgétaires ne sont pas à l'origine d'Ebola, beaucoup considèrent qu'elles ont pu ralentir l'identification des premiers cas et donc la réponse internationale.
Le retrait des États-Unis de l'OMS ajoute une couche supplémentaire de difficulté. Le docteur Moupapa, interrogé par France 24, a confirmé que l'apport américain est très nécessaire et que son absence complique considérablement la mise en place de réponses rapides. Le problème fondamental reste le manque d'équipements sur place, contrairement aux pays développés où des stocks existent en permanence.
Washington continue d'aider à la gestion de la crise, mais avec des moyens humains beaucoup plus limités qu'auparavant. Pour la RDC, qui affronte son 17e épisode d'Ebola avec la souche Boudi-Bugyo, la diminution de l'aide internationale intervient au pire moment possible dans un pays où, à chaque fin d'épidémie, les équipements disparaissent et où chaque nouvelle crise oblige à repartir de zéro.