A bientot 14 ans, Clementine fait partie des rares adolescents francais a utiliser un simple telephone a touche plutot qu'un smartphone. Elle dit se sentir moins seule grace a deux amis qui ont fait le meme choix et avec qui elle passe plus de moments ensemble.
On n'est pas chacune sur son telephone en train de regarder des videos, explique Clementine. Ses echanges avec ses amis sont plus riches et plus presents que ceux de ses camarades absorbees par leurs ecrans. Une exception dans une generation ou le smartphone est devenu quasi universel.
Malgre la bonne volonte de Clementine et la determination de ses parents, echapper completement aux ecrans reste difficile. L'ecole elle-meme impose des devoirs en ligne, creant une contradiction que la collegienne ne manque pas de relever.
C'est pas tres juste parce que l'ecole en debut d'annee nous a dit qu'ils etaient contre les ecrans et la ils nous donnent des devoirs a faire sur ecran, donc ca n'a un peu aucun sens, deplore Clementine. Ses parents partagent cette frustration.
Moi je freine, je freine, je freine et enfin c'est l'ecole qui demande, confie sa mere. Le paradoxe d'une institution qui preche la moderation numerique tout en imposant des outils connectes illustre la complexite du debat sur les ecrans en milieu scolaire.
Le debat sur l'exposition des enfants aux ecrans prend de l'ampleur en France. Des etudes montrent que l'usage excessif des smartphones chez les adolescents est associe a des troubles du sommeil, de l'attention et a une augmentation de l'anxiete et de la depression.
L'experience de Clementine montre qu'il est possible de grandir sans smartphone tout en maintenant des relations sociales epanouissantes. Mais tant que les institutions elles-memes ne proposeront pas d'alternatives coherentes aux outils numeriques, les parents resteront pris entre deux injonctions contradictoires.
