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Fleur Bretot, rescapée de deux cancers, fonde le collectif Cancer Colère

Fleur Bretot, rescapée de deux cancers, fonde le collectif Cancer Colère

Fleur Bretot, rescapée de deux cancers du sein en trois ans, a fondé le collectif Cancer Colère. Invitée de France 24, elle dénonce des choix politiques favorisant les pesticides et la loi Duplomb, et appelle les citoyens à se mobiliser contre ce qu'elle décrit comme une épidémie de cancer.

Fleur Bretot, une Française qui a traversé deux cancers du sein en trois ans, a fondé un collectif baptisé Cancer Colère pour faire de la lutte contre la maladie un combat citoyen. Invitée de France 24, elle a expliqué comment la colère née au moment du diagnostic de son second cancer, conjuguée à la perte d'un ami très proche, l'a poussée à s'engager publiquement plutôt qu'à subir en silence.

Au cours de ses soins à l'hôpital, raconte-t-elle, elle a été frappée de croiser de très jeunes patients traités pour un cancer, des adolescents et des enfants. Selon elle, la maladie se répand, et elle affirme que des scientifiques mettent désormais en garde contre une véritable épidémie de cancer qui n'épargnerait aucune tranche d'âge de la population.

Pour étayer son propos, elle cite les revues scientifiques The Lancet et Nature, selon lesquelles des cancers progressent dans toutes les classes d'âge. C'est sur cette base qu'elle qualifie la situation d'épidémique, un mot qu'elle reproche aux pouvoirs publics de ne pas vouloir reprendre à leur compte, estimant que le gouvernement n'a rien dit l'an dernier sur le sujet.

Pour Fleur Bretot, ce combat est avant tout politique. Elle estime que le gouvernement, la Commission européenne et une partie des parlementaires de centre, de droite et d'extrême droite refusent de faire de la protection de la santé un principe premier. Faute de quoi, soutient-elle, c'est aux citoyens, aux malades et aux anciens malades qu'il revient de porter cette lutte et de diffuser les chiffres réels de la maladie.

Elle dénonce en particulier des orientations qui, à ses yeux, favorisent l'industrialisation de l'agriculture au détriment d'une agriculture indépendante, ainsi qu'une absence de politique de prévention en santé publique. Selon elle, ces choix aggravent l'exposition chimique de la population au lieu de la réduire, alors même que le pays ne lance pas, déplore-t-elle, de vaste plan de lutte contre le cancer.

La militante vise nommément la loi Duplomb et la loi Duplomb 2, présentée comme une loi d'urgence agricole, ainsi qu'un paquet de loi Omnibus qui, affirme-t-elle, autoriserait sans limite 90% des pesticides malgré leur toxicité. Elle rappelle par ailleurs que la justice a déjà condamné l'État sur la question des pesticides, un précédent qu'elle met en avant pour appuyer sa démarche.

Fleur Bretot assure que la mobilisation grandit, rejointe par des scientifiques, des médecins et une part croissante de la société civile. Son message, répété au fil de l'entretien, tient en une formule, l'avenir ne doit pas être la chimiothérapie et le cancer n'est pas une fatalité, lance-t-elle en appelant chacun à refuser un risque de maladie pour manger ou boire de l'eau.

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