health | France 24 |
L'épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo et l'Ouganda a atteint 906 cas suspects et causé 223 décès. Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom est arrivé en RDC alors que la province de l'Ituri, zone de l'épicentre, reste gangrénée par le terrorisme des ADF affiliées à l'État islamique. Le personnel médical réclame davantage de combinaisons de protection et de médicaments.
La situation sanitaire en République démocratique du Congo continue de se dégrader alors que l'épidémie d'Ebola a désormais atteint 906 cas suspects, dont 223 décès entre la RDC et l'Ouganda voisin. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom, est arrivé sur le terrain pour évaluer personnellement l'ampleur de la crise et coordonner la réponse internationale.
L'épicentre de l'épidémie se situe dans la province de l'Ituri, une région pauvre et reculée, très éloignée de la capitale Kinshasa. Cette zone est gangrénée depuis plus de vingt ans par le terrorisme des Forces démocratiques alliées, des combattants ougandais affiliés à l'État islamique qui commettent régulièrement des exactions contre les populations civiles, rendant toute intervention humanitaire extrêmement périlleuse.
Le personnel médical en première ligne lance un cri d'alarme. Les soignants réclament davantage de combinaisons de protection et de médicaments pour faire face à l'afflux de patients. Plusieurs tonnes de matériel médical ont été acheminées dans la province, mais leur distribution prend un temps considérable en raison du manque de routes praticables et de l'insécurité chronique qui règne dans la zone.
Le docteur Moupapa, interrogé par France 24, a souligné le cocktail explosif que représente la combinaison d'une épidémie mortelle et d'une zone d'instabilité sécuritaire. Le Congo est agressé depuis trente ans par divers groupes rebelles, et l'incapacité à éradiquer la menace terroriste des ADF rend la prise en charge des malades particulièrement complexe dans les zones de santé les plus touchées.
Des vaccins et des traitements spécifiques contre le virus Ebola sont actuellement en cours de développement, mais leur mise à disposition ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois. En attendant, la lutte contre l'épidémie repose sur les mesures classiques de santé publique, un défi considérable dans une région où il manque de tout et où les déplacements de populations fuyant les conflits favorisent la propagation du virus.