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L'État français dote ses agents d'un assistant IA souverain

L'État français dote ses agents d'un assistant IA souverain

L'État français déploie pour ses agents un assistant conversationnel baptisé l'Assistant, conçu par la start-up française Mistral AI pour 700 000 euros. Le Premier ministre Sébastien Lecornu invoque la souveraineté numérique et le refus de dépendre d'outils étrangers, citant la coupure récente de l'accès au modèle d'Anthropic comme un avertissement.

L'État français a décidé de mettre l'intelligence artificielle au service de son administration en dotant ses agents d'un assistant conversationnel destiné à les aider à travailler plus vite. Officiellement baptisé l'Assistant, avec un grand A, l'outil est pensé comme un appui quotidien pour les fonctionnaires, qui pourront dialoguer avec lui afin de déléguer une partie de leurs tâches les plus rébarbatives. Le déploiement marque une nouvelle étape dans la volonté de l'État de s'approprier des technologies souvent dominées par des acteurs étrangers.

Concrètement, les agents qui y auront accès pourront échanger avec l'assistant pour obtenir de l'aide sur des missions répétitives et chronophages. L'outil peut par exemple résumer un rapport, extraire certaines informations précises d'un document ou encore réaliser des traductions. L'objectif affiché est de libérer du temps en automatisant les opérations les plus fastidieuses du travail administratif, sans que les agents aient à recourir systématiquement à des solutions venues de l'extérieur.

L'outil a été conçu par Mistral AI, une start-up française spécialisée dans l'intelligence artificielle. Pour se doter de cette solution, l'État a dû débourser pas moins de 700 000 euros, un investissement présenté comme le prix à payer pour disposer d'un instrument made in France. Le choix d'une entreprise tricolore plutôt que d'un fournisseur étranger n'a rien d'anodin et s'inscrit dans une stratégie désormais assumée au sommet de l'exécutif.

Car au-delà de l'outil lui-même, c'est une question de souveraineté qui est mise en avant. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu a expliqué que la France ne pouvait pas se reposer sur les outils développés par des puissances étrangères et devait donc disposer de ses propres moyens. Il a insisté sur le fait que les données de l'État constituent une richesse qui doit rester protégée, ajoutant que la souveraineté numérique n'était selon lui pas négociable.

Pour justifier cette prudence, le chef du gouvernement a évoqué un épisode récent. Il a rappelé que certains partenaires se sont montrés capables, ces derniers jours, de couper l'accès au modèle d'Anthropic, privant ainsi les entreprises qui en avaient besoin de la possibilité de l'utiliser. Selon la présentation qui en a été faite, cette coupure serait intervenue à la suite d'une décision prise du côté américain, illustrant le risque de dépendre d'une technologie que l'on ne maîtrise pas pleinement.

Pour le gouvernement français, l'enjeu dépasse donc largement le seul confort de travail des agents. Limiter au maximum les dépendances technologiques est devenu une priorité, et l'intelligence artificielle n'échappe pas à cette logique. En misant sur une solution nationale pour équiper son administration, l'État entend montrer qu'il est possible de conjuguer modernisation des services publics et protection de ses propres ressources, à l'heure où l'IA s'impose dans tous les rouages de la société.

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