Le president senegalais Bassirou Diomaye Faye a limoge vendredi son premier ministre Ousmane Sonko et dissout l'ensemble du gouvernement, mettant fin a des mois de tensions internes au sommet de l'executif. Cette rupture spectaculaire entre les deux anciens allies du parti PASTEF marque un tournant majeur dans la vie politique senegalaise.
Derriere cette separation se cachent des mois de rivalites politiques, de divergences sur la gouvernance du pays et de desaccords sur les reformes economiques. L'analyste politique Baba Karniai, directeur de recherche au think-tank Wati, estime que cette crise revele des tensions profondes sur le controle de la coalition au pouvoir et le leadership au sein du mouvement qui avait porte les deux hommes au sommet de l'Etat.
La situation est rendue plus complexe par le fait que le PASTEF, le parti fonde par Sonko, controle l'Assemblee nationale avec 130 deputes sur 165. Le president de l'Assemblee nationale, El-Malik Niai, a deja demissionne, ce qui laisse presager un retour d'Ousmane Sonko a l'Assemblee et potentiellement sa prise de la presidence de cette institution.
Ce scenario de cohabitation entre un president affaibli au sein de son propre camp et une Assemblee controlee par son ancien premier ministre est sans precedent au Senegal. Le president ne pourra dissoudre l'Assemblee avant le mois de novembre, ce qui impose une periode de coexistence potentiellement conflictuelle au sommet de l'Etat.
Les observateurs s'inquietent de voir la politique dominer le debat public alors que les Senegalais sont confrontes a des defis economiques majeurs, notamment le chomage des jeunes, l'acces a la sante et a l'education. L'analyste Baba Karniai appelle les deux camps a cohabiter en bonne intelligence pour ne pas sacrifier les attentes de la population sur l'autel des rivalites personnelles.










