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Un rapport de l'Observatoire Défense et Climat révèle que 161 cas de désinformation climatique ont été répertoriés en Europe entre 2021 et 2026. Sur ce total, 120 viennent de Russie et 41 des États-Unis. L'objectif est de fragiliser les démocraties européennes, polariser le débat public et saper la confiance dans les institutions.
Un rapport publié par l'Observatoire Défense et Climat, coordonné par l'IRIS pour le compte du ministère des Armées, révèle l'ampleur de la désinformation climatique utilisée comme arme de guerre informationnelle par des puissances étrangères contre l'Europe. Entre début 2021 et début 2026, 161 cas de désinformation climatique ont été répertoriés sur le continent européen.
Sur ces 161 cas identifiés, 120 proviennent de Russie et 41 des États-Unis. Les narratifs déployés sont similaires des deux côtés: le réchauffement climatique serait un canular, les catastrophes naturelles seraient déclenchées volontairement par des gouvernements, et les politiques climatiques ne seraient qu'un prétexte pour contrôler les populations. La différence réside dans la méthode: côté américain, l'approche est plus frontale, côté russe, elle est beaucoup plus dissimulée.
Les objectifs stratégiques de cette désinformation sont multiples et clairement identifiés par le rapport. Il s'agit de fragiliser les démocraties européennes, polariser le débat public sur les questions environnementales, saper la confiance des citoyens dans leurs institutions, et dans certains cas s'immiscer directement dans les processus électoraux en instrumentalisant la question climatique.
L'intérêt économique est également central dans cette stratégie. La désinformation vise notamment à protéger les intérêts liés aux énergies fossiles dans un continent européen qui reste fortement dépendant des hydrocarbures russes et américains. En semant le doute sur l'impact réel des combustibles fossiles sur le climat, ces campagnes tentent de ralentir la transition énergétique européenne.
Cette publication intervient dans un contexte de multiplication des événements climatiques extrêmes en Europe, dont la vague de chaleur exceptionnelle qui frappe actuellement le continent en plein mois de mai. Le rapport souligne que la lutte contre la désinformation climatique est désormais un enjeu de sécurité nationale et de défense pour les pays européens.