Deuxième destination mondiale du tourisme à vélo derrière l'Allemagne, la France enregistre plus de neuf millions de séjours à vélo par an. Entre un réseau de véloroutes presque achevé et l'objectif d'être numéro un d'ici 2030, le cyclotourisme redessine la façon de voyager dans l'Hexagone.
Il n'a jamais été aussi facile de découvrir la France à vélo. Le long des fleuves, à travers les vignes ou au bord de la mer, des milliers de kilomètres d'itinéraires balisés invitent les voyageurs à ralentir et à prendre pleinement le temps du chemin.
Ce que l'on appelle le cyclotourisme n'est plus une pratique de niche réservée aux sportifs aguerris. C'est devenu un véritable phénomène de voyage, porté par l'envie de sortir des sentiers battus et de redécouvrir les territoires à un rythme plus humain.
La France, deuxième au monde
Aujourd'hui, la France occupe la deuxième place mondiale du tourisme à vélo, juste derrière l'Allemagne. Chaque année, le pays enregistre plus de neuf millions de séjours à vélo, un chiffre qui témoigne de l'ampleur prise par cette forme de voyage.
La France attire aussi une part importante des cyclotouristes venus de l'étranger, environ un sur cinq. Ces visiteurs apprécient la diversité des paysages, la richesse de la gastronomie locale et un patrimoine que l'on savoure bien mieux à faible allure.
Un réseau de véloroutes en pleine expansion
Derrière ce succès se cache un immense chantier, le Schéma national des véloroutes. Sur les 26 323 kilomètres d'itinéraires prévus, 21 600 sont déjà réalisés, soit un taux d'achèvement de plus de quatre-vingts pour cent à travers tout le pays.
Ces voies relient les villes aux campagnes, longent les canaux et traversent des régions entières loin des grands axes routiers. Elles permettent de rejoindre, à la seule force des mollets, des villages et des paysages que l'on ne verrait jamais depuis une autoroute.
EuroVelo, dix itinéraires traversent la France
La France se trouve également au cœur du réseau européen EuroVelo. Sur les dix-sept grands itinéraires qui sillonnent le continent, dix passent par l'Hexagone, représentant à eux seuls près de neuf mille kilomètres de routes cyclables au fort potentiel.
Ces grands axes permettent d'imaginer de véritables épopées, de la Manche à la Méditerranée ou tout le long de la Loire. Ils offrent aux voyageurs la possibilité de traverser le pays entier, étape après étape, sans jamais avoir à monter dans une voiture.
Un tourisme lent et authentique

Le vélo incarne à merveille cette envie de voyage lent qui séduit de plus en plus de Français. Loin de la course aux monuments, il invite à s'arrêter dans un café de village, à discuter avec les habitants et à laisser la journée se dérouler sans programme.
Cette pratique profite d'ailleurs surtout aux territoires ruraux et intermédiaires. Dans ces zones, souvent oubliées du tourisme de masse, l'usage du vélo a bondi de vingt-deux pour cent par rapport à 2019, redonnant vie à de nombreuses petites communes.
Cinq milliards d'euros pour les territoires
L'impact économique du cyclotourisme est loin d'être anecdotique. Selon les estimations, cette activité génère environ cinq milliards d'euros de retombées chaque année, un apport précieux pour les commerces, les hébergeurs et les artisans des campagnes.
L'usage du vélo continue par ailleurs de progresser, avec une hausse de cinq pour cent en 2025 par rapport à l'année précédente. Cette dynamique confirme que la bicyclette n'est pas une simple mode passagère, mais bien une tendance de fond durablement installée.
Le pari de la première place
L'ambition affichée par l'État est claire, faire de la France la première destination mondiale du tourisme à vélo d'ici 2030. Ce cap, fixé dès 2021, guide aujourd'hui les investissements dans les infrastructures cyclables sur l'ensemble du territoire.
Le défi reste toutefois de taille. En 2025, seuls 355 kilomètres de nouvelles voies ont été ouverts, le rythme le plus lent depuis dix ans, signe que le pari de la première place devra encore surmonter bien des obstacles budgétaires.
véloroutes: mieux traité qu ailleurs.