Rue Turgot à Dijon, les archéologues de l'Inrap ont mis au jour des sépultures gauloises atypiques, avec des défunts inhumés en position assise. Une deuxième phase de fouilles s'est ouverte en 2026.
Une découverte peu commune éclaire d'un jour nouveau les pratiques funéraires des anciens Gaulois. Dans le centre de Dijon, des archéologues ont mis au jour des sépultures atypiques qui suscitent la curiosité des chercheurs comme du grand public.
Ces tombes présentent une particularité rare, les défunts y ayant été inhumés en position assise. Un rituel inhabituel qui soulève de nombreuses questions sur les croyances et les usages funéraires de cette lointaine période de l'histoire.
Une fouille rue Turgot
Le site se trouve rue Turgot, dans l'enceinte du groupe scolaire Joséphine Baker. C'est à l'occasion de travaux de restructuration de l'établissement que les fouilles ont été rendues nécessaires, dans le cadre de l'archéologie préventive.
Les recherches sont menées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives, plus connu sous le nom d'Inrap. Une première campagne s'était déroulée entre octobre et décembre 2024, sur une surface d'environ mille mètres carrés.
Treize défunts en position assise
Lors de cette première phase, les archéologues ont dégagé treize sépultures d'adultes. Régulièrement espacées les unes des autres, elles formaient une bande rectiligne d'environ vingt-cinq mètres de longueur, orientée du sud vers le nord.
Chaque défunt avait été déposé au fond d'une fosse circulaire d'un mètre de diamètre environ. Les corps reposaient en position assise, le dos appuyé contre la paroi orientale de la fosse, le regard tourné vers l'ouest.
Un rituel très rare

Cette manière d'inhumer les morts est extrêmement peu fréquente. À l'échelle de la recherche, seule une dizaine de sites présentant ce type de sépultures assises ont été recensés, principalement dans le nord de la France et en Suisse.
La rareté de cette pratique en fait un cas d'étude précieux pour les spécialistes. Elle interroge sur le statut des personnes concernées, sur leurs croyances et sur la signification symbolique attachée à cette posture si particulière.
Une datation ancienne
Les objets retrouvés ont permis de situer ces tombes dans le temps. Un bracelet en pierre noire, notamment, a été daté d'une période comprise entre 300 et 200 avant notre ère, en pleine époque gauloise.
Cette fourchette chronologique inscrit l'ensemble funéraire dans la seconde partie de l'âge du fer. Elle offre un éclairage rare sur une communauté installée à cet endroit bien avant le développement de la ville que l'on connaît aujourd'hui.
Les fouilles se poursuivent
L'histoire du site ne s'est pas arrêtée avec la première campagne. Une deuxième phase de fouilles a débuté en mars 2026, cette fois dans la cour de l'école, afin d'explorer de nouveaux espaces jusque là restés inaccessibles.
Cette nouvelle intervention a permis d'enrichir le corpus de plusieurs individus supplémentaires. Fait notable, les fosses récemment mises au jour ne suivent pas le même alignement que celles découvertes lors de la première campagne.
Un patrimoine à comprendre
Chaque nouvelle sépulture apporte son lot d'informations aux archéologues. En multipliant les observations, les chercheurs espèrent mieux comprendre l'organisation de cet ensemble funéraire et les gestes accomplis par ceux qui l'ont conçu.
Au delà de son caractère spectaculaire, cette découverte rappelle la richesse du sous-sol des villes françaises. Sous les cours d'école et les rues animées se cachent parfois les traces oubliées de sociétés vieilles de plus de deux mille ans.
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