À Vinon-sur-Verdon, des fouilles de l'Inrap ont mis au jour un établissement antique du début de notre ère. Sa toiture effondrée, conservée dans un état exceptionnel, promet de révéler des secrets sur la construction en Gaule romaine.
Le sous-sol français n'en finit pas de livrer les traces de son passé antique. Dans le département du Var, une récente campagne de fouilles a permis de mettre au jour un site qui suscite déjà l'enthousiasme des spécialistes, tant l'état de conservation de certains vestiges est rare pour la région.
La découverte a eu lieu à Vinon-sur-Verdon, où les archéologues ont exhumé les restes d'un établissement antique remontant au tout début de notre ère. Une trouvaille qui vient enrichir notre connaissance de la vie quotidienne dans cette partie de la Gaule romaine.
Un établissement antique mis au jour
Les fouilles ont été menées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives, plus connu sous le sigle Inrap, sur prescription de la Drac Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'opération s'est déroulée du 23 février au 15 juin 2026, sur une surface d'environ 3 000 mètres carrés.
Au cœur du site, les chercheurs ont dégagé un bâtiment d'une quarantaine de mètres de longueur, divisé en plusieurs pièces. Ses fondations de pierre se sont conservées de façon remarquable, offrant aux archéologues un plan lisible et précieux pour comprendre l'organisation des lieux.
L'ensemble est daté du premier au deuxième siècle de notre ère, une période durant laquelle la présence romaine était bien installée dans le sud de la Gaule. Ce type de vestige permet de reconstituer, pièce après pièce, le mode de vie des habitants de l'époque.
Une toiture exceptionnellement conservée
Le véritable trésor de cette fouille est ailleurs, et il tient dans un élément que l'on retrouve rarement en si bon état. Il s'agit de la toiture du bâtiment, qui s'est effondrée sur place et qui constitue, pour toute la région, un cas d'étude tout à fait unique en son genre.
Si cet ensemble a pu traverser les siècles, c'est en raison des conditions particulières de son abandon. Le bâtiment n'a pas été détruit brutalement, mais délaissé progressivement, si bien que les tuiles sont tombées avant certains murs et ne portent aucune trace de feu ou d'incendie.
Cette absence de destruction violente change tout pour les chercheurs. Elle a permis à la couverture de se déposer presque telle quelle sur le sol, figeant dans le temps un instantané précieux de la manière dont les toits étaient conçus et assemblés à l'époque romaine.
Un bâtiment aux multiples usages

Au fil du dégagement, les archéologues ont également récolté de nombreux objets qui en disent long sur la vie du lieu. Parmi eux figurent des contrepoids, des outils, des éléments de balance ainsi que des fours, autant d'indices sur les activités qui s'y déroulaient au quotidien.
Cette variété de vestiges laisse penser que l'établissement remplissait plusieurs fonctions à la fois. Il combinait vraisemblablement des usages domestiques, artisanaux et commerciaux, dessinant le portrait d'un lieu de vie et de travail bien plus complexe qu'une simple habitation.
Comprendre la construction en Gaule romaine
Pour exploiter au mieux cette découverte, les spécialistes ont recours à des méthodes modernes comme la photogrammétrie en trois dimensions, complétée par un inventaire détaillé des matériaux retrouvés. L'objectif est de percer les secrets des techniques de construction employées dans le sud-est de la Gaule.
Les enseignements tirés de ce chantier pourraient bien transformer notre compréhension de l'architecture rurale antique. Il faut d'ailleurs rappeler que le site avait déjà livré, au début du vingtième siècle, une superbe mosaïque représentant Bacchus et les Trois Grâces, aujourd'hui conservée à l'hôtel de ville de Manosque.
J ai beaucoup appris sur Gaule romaine ici.
Bon contexte autour de Gaule romaine.

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