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Des données piratées révèlent les hauts salaires des radiologues du groupe 3R en Suisse romande

Des données piratées révèlent les hauts salaires des radiologues du groupe 3R en Suisse romande

Des données internes du groupe 3R, premier groupe de radiologie de Suisse romande, volées et publiées par des hackers, révèlent des rémunérations élevées pour ses médecins. Le groupe, financé à 90% par l'assurance maladie obligatoire, verse en règle générale 30 000 francs par mois à sa soixantaine de médecins, soit 360 000 francs par an, auxquels s'ajoutent des bonus pouvant atteindre 200 000 francs. Un système d'objectifs de chiffre d'affaires porte certaines rémunérations à plus de 600 000 francs. Le groupe n'a pas confirmé ces chiffres et affirme que ces salaires sont alignés sur ceux des hôpitaux publics.

Des données internes du groupe 3R, présenté comme le premier groupe de radiologie de Suisse romande, mettent en lumière les rémunérations élevées versées à ses médecins. Ces documents ont été volés et publiés par des hackers avant d'être transmis par un tiers. Selon ses propres comptes, le groupe réalise 90% de son chiffre d'affaires grâce à l'assurance maladie obligatoire et 10% grâce à l'assurance accident, soit un argent avant tout public.

Avec ces ressources, le groupe rémunère généreusement la soixantaine de médecins qu'il emploie. En règle générale, un radiologue salarié touche environ 30 000 francs par mois, ce qui représente 360 000 francs par année. Selon les documents, ce montant dépasse déjà ce que gagne un jeune conseiller d'État genevois ou vaudois.

À ces salaires de base s'ajoutent des primes individuelles. Les données indiquent que ces bonus ont atteint jusqu'à 200 000 francs au cours de l'année passée pour certains médecins, venant s'ajouter à une rémunération annuelle déjà conséquente.

Les documents détaillent aussi le mécanisme en place. À chaque médecin salarié est fixé un objectif de chiffre d'affaires. En cas d'exercice supérieur à cet objectif, le médecin obtient 18% de l'excédent. Dans un cas, ce système porte la rémunération à plus de 600 000 francs, soit davantage qu'un conseiller fédéral ou qu'un directeur des HUG ou du CHUV.

Interrogé, le groupe 3R n'a pas confirmé ces chiffres dans une réponse écrite. Il a toutefois indiqué que les salaires de ces radiologues étaient alignés sur ceux proposés dans les hôpitaux publics, notamment universitaires, ainsi que chez d'autres acteurs privés de Suisse romande. Le groupe conteste par ailleurs toute incitation à multiplier les examens, faisant valoir que les radiologies sont demandées par des médecins installés et non décidées par ses propres praticiens.

Pour les critiques, ces montants posent question parce qu'ils sont payés par l'assurance sociale et obligatoire, et qu'on peine à voir les critères justifiant de telles rémunérations. Un ancien ministre genevois de la Santé souligne que le médecin est rémunéré en fonction des résultats qu'il fait faire à son employeur, de sorte que plus il travaille et facture, plus il est rémunéré, ce qui pose la question de l'intérêt du patient au milieu de ce dispositif.

Au-delà du seul groupe 3R, ces révélations interpellent sur le fonctionnement du système de santé dans son ensemble et sur le rôle des bonus, qui peuvent pousser à produire davantage d'examens. Ni l'Office fédéral de la santé publique ni la faîtière des assureurs n'ont accepté de répondre devant la caméra à ce sujet.

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