La vague de chaleur exceptionnelle et durable qui s'est installée sur la France ne fait pas que peser sur les habitants et les réseaux: elle fait aussi grimper le risque de feux de forêt. Avec des températures élevées et une végétation desséchée, les pompiers se préparent partout dans le pays à une période qui s'annonce particulièrement intense.
Le premier signal fort est venu du sud de la France. Hier, un incendie s'est déclaré au sud de Marseille, dans une zone difficile d'accès. Selon la couverture de France 2, au moins 4000 mètres carrés ont brûlé avant que le feu ne soit fixé en début de soirée. Il s'agissait d'un feu de végétation suffisamment sérieux pour qu'il faille environ deux heures et l'intervention d'un Canadair pour en venir à bout.
Les Bouches-du-Rhône font partie des départements placés en risque incendie élevé. Mais la situation ne se limite pas au pourtour méditerranéen: sur l'ensemble du territoire, les pompiers sont mobilisés, et les services de secours adaptent leur dispositif à mesure que la chaleur s'installe et que la végétation devient plus inflammable.
Dans plusieurs départements, la prévention s'organise par anticipation. En Saône-et-Loire, classée en risque sévère pour sa végétation, trois camions ont déjà été prépositionnés dans les zones à risque afin de pouvoir intervenir le plus vite possible. Les conditions, avec un vent pouvant dépasser les 30 kilomètres par heure, sont jugées propices à un départ de feu rapide.
Pour les habitants des zones exposées, l'inquiétude est concrète. Un riverain explique qu'il débroussaille tous les jours autour de chez lui, redoutant le pire. Si un feu venait à arriver, dit-il, il perdrait tout, et il craint qu'une fois parti, l'incendie ne puisse plus être arrêté à temps.
La période de moisson ajoute un facteur de risque. En Haute-Vienne, les pompiers sont intervenus sur un départ de feu dans un champ, où l'agriculteur a eu le bon réflexe en désherbant un grand cercle pour circonscrire les flammes. Les engins agricoles eux-mêmes peuvent être à l'origine de départs de feu, le moindre frottement métallique pouvant produire une étincelle qui embrase une végétation très sèche.
La mobilisation dépasse les régions habituellement concernées. Même en Mayenne, où les incendies sont rares, les pompiers ont réalisé des exercices grandeur nature pour se préparer. Et la vigilance devrait encore monter d'un cran: pour lundi, onze départements seront classés en risque élevé, les secours s'attendant à des jours d'activité opérationnelle très soutenue tant que la canicule ne sera pas passée.
