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Genève interdit les signes religieux ostentatoires aux élus

Genève interdit les signes religieux ostentatoires aux élus

Les Genevois ont approuvé à une courte majorité l'interdiction des signes religieux ostentatoires pour les élus durant les séances du Grand Conseil et des conseils municipaux du canton.

Les Genevois ont approuvé, à une courte majorité, l'interdiction des signes religieux ostentatoires pour les élus durant les séances du Grand Conseil et des conseils municipaux du canton. Le texte interdit désormais aux personnes exerçant un mandat politique d'afficher leurs convictions religieuses lorsqu'elles siègent. La décision, prise lors des votations de ce dimanche, vient trancher un débat de longue date sur la place de la religion dans les institutions genevoises.

Pour les partisans du texte, ce résultat consacre le principe de laïcité comme l'un des fondements de la démocratie genevoise. Le président du PLR genevois s'est dit satisfait, estimant que la laïcité est désormais garantie. Selon lui, lorsqu'une personne occupe un rôle et une représentation politique, elle doit clairement distinguer cette fonction au sein de l'État de ses convictions personnelles de citoyen.

Les défenseurs de la loi insistent sur le fait qu'elle s'applique à toutes les religions, sans distinction. Pour eux, dès lors que l'on entre dans l'arène politique, la religion n'a plus sa place à l'intérieur des assemblées. L'objectif affiché est de préserver des débats sereins et de maintenir la neutralité des institutions cantonales et communales.

À gauche, l'opposition dénonce au contraire une instrumentalisation de la laïcité. Selon ses représentants, le texte revient à effacer la diversité de la population et constitue une entrave directe à la démocratie participative ainsi qu'aux droits fondamentaux. Le camp du non estime que la mesure stigmatise une partie des habitants plutôt que de garantir une véritable neutralité.

Les conséquences concrètes se font déjà sentir. Une élue municipale a annoncé qu'elle ne siégerait pas, expliquant que son foulard n'est pas un accessoire mais le reflet de sa pratique religieuse et une part de son identité, à laquelle elle ne peut renoncer. Elle décrit cette situation comme une forme d'invisibilisation des personnes concernées par la nouvelle règle.

La portée juridique du texte n'est toutefois pas encore définitivement fixée. Un recours contre la loi avait déjà été déposé en décembre dernier par deux élus écologistes du Grand Conseil genevois. La suite dépendra de l'examen de ce recours, qui pourrait encore peser sur l'application concrète de l'interdiction.

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