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Genève accepte l'ouverture des magasins deux dimanches de plus par an

Genève accepte l'ouverture des magasins deux dimanches de plus par an

Les électrices et les électeurs genevois ont accepté à 52,8% une loi autorisant les magasins à ouvrir deux dimanches supplémentaires par année, ainsi que le 31 décembre, sur la base du volontariat. Les syndicats et la gauche, fermement opposés, dénoncent une dégradation des conditions de travail dans la vente, tandis que les représentants des commerçants saluent un soulagement attendu de longue date.

Les électrices et les électeurs genevois ont accepté une nouvelle loi qui autorise les magasins du canton à ouvrir deux dimanches supplémentaires par année. Le texte a été approuvé de justesse, avec 52,8% des suffrages, à l'issue d'un scrutin qui aura une nouvelle fois mis en lumière les tensions autour du travail dominical. La question divisait depuis longtemps le canton, et le résultat tranche en faveur d'un assouplissement des horaires d'ouverture des commerces.

Concrètement, la nouvelle loi permettra l'ouverture des magasins deux dimanches par an, mais aussi le 31 décembre. Ces ouvertures se feront sur la base du volontariat, un point que les autorités et les partisans du texte ont mis en avant pour répondre aux craintes exprimées par les opposants. Pour les commerces du canton, il s'agit d'une possibilité supplémentaire d'accueillir leur clientèle durant ces journées particulières.

Le projet n'a pas fait l'unanimité, loin de là. Les syndicats et la gauche étaient vent debout contre cette loi, qu'ils ont combattue tout au long de la campagne. Pour eux, ce scrutin représentait un enjeu important pour les conditions de travail dans le secteur de la vente, et l'acceptation du texte par une courte majorité ne met pas un terme à leurs inquiétudes.

Du côté syndical, la colère domine au lendemain du vote. Les représentants des salariés parlent d'un scandale pour les vendeuses et les vendeurs, et dénoncent une dégradation supplémentaire des conditions de travail dans la vente. Ils soulignent que le personnel de la vente est déjà fatigué, physiquement comme psychiquement, et estiment que ces ouvertures supplémentaires viendront encore peser sur des employés à bout de souffle.

Les syndicats contestent par ailleurs l'argument du volontariat, qu'ils jugent illusoire sur le terrain. Selon eux, au sein d'une équipe, il est très difficile de refuser de travailler un dimanche, si bien que ce sont souvent les mêmes personnes qui finissent par s'y coller. Les salariés se retrouvent ainsi, selon cette analyse, à la merci de leur management, sans véritable liberté de choix.

Les représentants des commerçants, eux, célèbrent ce résultat et balaient ces critiques. Ils affirment que les employés ne sont pas pénalisés, et assurent que l'on constate sur le terrain davantage de volontaires que d'effectifs nécessaires lors de ces ouvertures. Pour l'organisation Genève Commerce, l'acceptation de la loi est un soulagement, présenté comme la fin d'un serpent de mer après de multiples tentatives.

Malgré ce revers, la gauche et les syndicats ont fait savoir que la lutte se poursuivait. Plusieurs pistes sont évoquées, dont la possibilité de lancer une initiative à l'automne qui reviendrait sur la question des conditions de travail des vendeuses et des vendeurs. Le débat sur le travail dominical à Genève est donc loin d'être clos, et pourrait rapidement rebondir sur le terrain politique.

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