Alors que la canicule s'installe sur la France, ses effets ne se limitent plus aux thermomètres: c'est tout le système de santé qui se retrouve sous tension. Hôpitaux et services concernés ont mis en place des cellules de crise, et le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présider dans la matinée une nouvelle cellule interministérielle de crise consacrée à l'épisode.
Sur le terrain, les conséquences sont très concrètes. Dans certains établissements, la température a grimpé jusqu'à 32,5 degrés, juste au-dessus du seuil de stockage des médicaments. À ce niveau, les traitements ne sont plus efficaces, et les responsables doivent consulter les pharmaciens pour savoir s'il faut jeter les stocks et renouveler entièrement la dotation.
Pour anticiper, une cellule de crise se réunit chaque jour depuis jeudi dernier. Les équipes disent avoir tiré les leçons de la canicule meurtrière de 2003 et se préparent à une possible hausse des décès, avec des répercussions logistiques très directes sur l'organisation des soins et la prise en charge.
La question des capacités mortuaires illustre cette pression. Dans un établissement, les trois places disponibles à la chambre mortuaire ont été jugées insuffisantes, poussant les responsables à prévoir des tables réfrigérantes et même la location d'un camion en recours, afin de pouvoir accueillir dignement les familles confrontées au décès d'un proche.
Pour les urgences, la principale inquiétude tient à la durée de l'épisode. Sur une population française vieillissante, une canicule prolongée peut avoir un impact lourd, et les soignants décrivent une situation où ils se trouvent, selon leurs mots, sur le fil du rasoir, contraints de rester extrêmement attentifs jour après jour.
C'est dans ce contexte que la réponse se joue aussi au sommet de l'État. La tenue d'une cellule interministérielle de crise présidée par le chef du gouvernement vise à coordonner l'action des différents services face à un épisode qui dure et dont l'intensité fait craindre des conséquences sanitaires importantes.
La France n'est pas seule concernée. Du Royaume-Uni au Portugal, en passant par les Balkans, la vague de chaleur frappe le continent. Les autorités sanitaires britanniques ont émis la deuxième alerte canicule santé de leur histoire, avec un risque présenté comme mortel et des températures pouvant approcher 39 degrés. Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 200 000 personnes sont mortes de causes liées à la chaleur en Europe au cours des quatre dernières années.
