Avec l'EPR de Flamanville enfin à pleine puissance, un programme de six nouveaux réacteurs EPR2 et un chantier de 50 milliards d'euros à La Hague, la France relance à grande échelle son pari nucléaire en 2026. Un choix stratégique porté par EDF, mais dont les coûts colossaux nourrissent le débat.
Longtemps hésitante, la France a clairement fait le choix de miser à nouveau sur l'énergie nucléaire. En 2026, plusieurs chantiers de grande ampleur confirment cette orientation, faisant de l'atome un pilier assumé de la stratégie énergétique du pays pour les décennies à venir.
Entre la mise en route d'un réacteur de nouvelle génération, le lancement d'un vaste programme de construction et d'immenses projets industriels, l'électricien national EDF entame une période décisive. Une relance ambitieuse, mais qui soulève aussi de sérieuses questions de coûts et de délais.
Flamanville, enfin à pleine puissance
Le symbole de ce renouveau se trouve dans le Cotentin, à Flamanville. Après des années de retards et de déboires techniques, le réacteur de type EPR y a enfin atteint 100 pour cent de sa puissance le 14 décembre 2025, devenant du même coup le plus puissant du parc français avec 1 650 mégawatts.
Sa mise en service commerciale, prévue au printemps 2026, marque l'aboutissement d'un chantier hors norme. Pour EDF, il s'agit d'une étape essentielle, car ce réacteur doit servir de modèle et de banc d'essai pour les futures centrales que le pays entend construire dans les prochaines années.
Un chantier au coût multiplié

Cette réussite technique a toutefois un revers, celui de la facture. Le coût du chantier de Flamanville a en effet explosé au fil du temps, passant d'une estimation initiale de 3,3 milliards d'euros à près de 13,2 milliards selon les chiffres avancés par EDF, soit environ quatre fois plus que prévu.
De tels dérapages financiers ne sont pas propres à la France, tant les réacteurs de nouvelle génération se révèlent complexes à construire partout dans le monde. Mais ils nourrissent le débat sur la capacité réelle du pays à maîtriser les budgets de ses futurs grands projets nucléaires.
Six nouveaux réacteurs en projet
Car la France ne compte pas s'arrêter à Flamanville. Le gouvernement et EDF ont lancé un vaste programme visant à construire six nouveaux réacteurs, d'un modèle baptisé EPR2, censé être plus simple et moins coûteux à bâtir que son prédécesseur, en tirant les leçons des erreurs du passé.
La première paire de ces réacteurs doit voir le jour sur le site de la centrale de Penly, en Normandie, choisi dès 2021. Le projet reste toutefois entouré d'incertitudes, la Cour des comptes ayant elle-même alerté sur les nombreux aléas techniques et financiers qui pèsent sur ce programme.
Cinquante milliards pour La Hague
À ces réacteurs s'ajoute un autre chantier colossal, moins connu du grand public mais tout aussi stratégique. Le 1er janvier 2026 a été officiellement lancé le programme baptisé Aval du Futur, un projet évalué à environ 50 milliards d'euros pour les prochaines décennies.
Son objectif est de construire, sur le site de La Hague, de nouvelles installations destinées à recycler les combustibles déjà utilisés par les futurs réacteurs EPR2. Un chantier titanesque qui devrait à terme générer près de 6 000 emplois industriels d'ici l'horizon 2034.
Produire toujours plus d'électricité
Derrière ces investissements se cache un objectif clair, celui d'augmenter la production d'électricité du pays. EDF s'est ainsi fixé pour ambition d'atteindre 400 térawattheures par an à l'horizon 2030, un niveau élevé qui suppose un parc nucléaire pleinement opérationnel.
À plus court terme, l'entreprise table sur une production comprise entre 350 et 370 térawattheures pour les années 2026 et 2027. Des chiffres qui traduisent une remontée en puissance progressive, après une période marquée par des arrêts de réacteurs et des difficultés de maintenance.
Un pari industriel et financier
Pour la France, ce vaste programme nucléaire représente bien plus qu'une simple question d'énergie. Il s'agit d'un pari industriel majeur, censé garantir au pays une électricité abondante et peu émettrice de carbone, tout en préservant des dizaines de milliers d'emplois qualifiés.
Reste que ce pari a un prix, et non des moindres. Entre les milliards engloutis à Flamanville et les dizaines de milliards annoncés pour les projets à venir, la réussite de la relance nucléaire française se jouera autant sur le terrain de la technique que sur celui des finances.
Très bonne couverture de Flamanville.
Article très utile sur Flamanville.

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